Ce billet a été publié il y a 10 mois 7 jours. Il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être obsolètes ou, à tout le moins, elles doivent être replacées dans le contexte où ce billet a été écrit.
La droite unie et labellisée « UMP » est-elle en train d’exploser ? Selon le blog Ca réagit, il y a tout lieu de le croire. On peut y lire :
« En 2 ans ½, Nicolas Sarkozy a joué avec l’idéologie de droite comme jamais personne ne l’avait fait avant lui. Cela débuta par le bling-bling qui rebuta tout ou partie des anciennes droites conservatrice et gaulliste. Cela se poursuivit avec le débat sur le travail le dimanche qui rendit la droite chrétienne quelque peu mal à l’aise. Les déséquilibres budgétaires, le creusement sans limite de la dette et le placement forcé du fils héréditaire inquiétèrent les libéraux. L’Angolagate puis l’affaire Clearstream pour fissurer la frange Gaulliste, encore, anciennement Chiraquienne et aujourd’hui bien souvent Villepiniste. Les affaires de mœurs de Frédéric Mitterand et les réactions hâtives de quelques ministres semblent avoir salement entaché le soutien, pourtant solide, de la droite conservatrice à son égard. Où que vous alliez à droite, tout le monde a désormais quelque chose à reprocher à Nicolas Sarkozy. »
Il est certain que tous les scandales rappelés ci-dessus ont fortement ébranlé l’UMP et désorienté la frange de la blogosphère qui avait soutenu la candidature de Sarkozy en 2007.
Pourtant, le leadership de Nicolas Sarkozy sur ce parti politique et sur l’ensemble de la droite paraît pour l’instant incontesté, et ce malgré l’émergence de Nicolas Dupont-Aignan (peu crédible justement parce qu’il n’est plus à l’UMP) ou de Dominique de Villepin (qui dispose de peu de relais au sein de l’UMP et qui, de plus, n’a jamais connu le suffrage universel).
Faisons un petit retour en arrière et souvenons-nous de Jacques Chirac. Celui-ci avait fait l’objet, durant toute l’année 2001, d’une intense campagne médiatique sur les affaires de la Mairie de Paris, lesquelles le rattrapent aujourd’hui.
A l’époque, il ne se passait pas un jour sans que Le Monde ne titre sur les affaires des emplois fictifs, sur celle des HLM et sur les autres joyeusetés qui avaient marqué les années durant lesquelles Chirac avait été à la tête de la Capitale.
Si cette campagne médiatique, a sans doute contribué à l’élection triomphale de Delanoë à la Mairie de Paris aux municipales de 2001, elle n’est cependant pas parvenue à déloger Chirac du palais de l’Elysée en 2002.
Il y a probablement quantité de raisons qui peuvent l’expliquer. Je retiendrai pour ma part la suivante : la création de l’UMP.
Le 21 avril 2002, la gauche s’est effacée au premier tour de l’élection présidentielle derrière le Front National. Deux jours plus tard, le 23 avril 2002, Chirac fondait l’UMP sur les décombres d’un RPR totalement miné par les affaires afin de fédérer l’ensemble des droites républicaines en opposition au FN.
Cette stratégie d’union s’est révélée payante et a été favorisée par la crainte d’une victoire de Jean-Marie Le Pen ou, à tout le moins, d’une présence encore plus nocive de l’extrême droite après la présidentielle de 2002.
Nicolas Sarkozy a très rapidement compris l’avantage qu’il pouvait retirer d’une structure capable de rassembler tous les composantes de droite qui, jadis, se dispersaient en deux formations concurrentes : le RPR d’un côté, l’UDF de l’autre.
Au lieu de s’y opposer afin d’assouvir ses ambitions personnelles, il l’a investie en y ajoutant sa touche personnelle : le phagocytage assumé du discours frontiste. Même la présence de Bayrou, en 2007, n’a pas ébranlé l’UMP.
Bien que les stratégies de Chirac et de Sarkozy aient été différentes, elles ont donc un point commun : l’UMP, c’est-à-dire un parti de droite puissant et uni.
La gauche devrait s’en souvenir et en tirer un certain nombre de leçons pour l’avenir.
En est-elle seulement capable ?


Un commentaire
Personnellement je suis pour porter le fer sur les valeurs républicaines de droite. C’est sur cela que l’on peut diviser. Sarkozy est trop atlantiste dans son esprit et pas Gaulliste. C’est pourquoi je suis partisan d’un débat exhaustif sur l’identité nationale pour faire ressortir que c’est la gauche qui défend le mieux les valeurs de la république. Et notamment Ségolène Royal;-)
PS: Merci pour ton intervention sur DA sur la ségosphère. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Ma réponse a été censuré tout comme mes liens du jour…Tout dépend qui modère je pense
ca manque parfois de démocratie participative sur DA…