Ce « très cher » Sarko

Gabale juillet 21, 2010 Politeia

Sarkozy marche à l'ombre

Dans un billet intitulé « Nicolas Sarkozy a-t-il volé sa victoire le soir du 6 mai 2007 ? », le blogueur Richard Trois revient sur les sommes importantes qui ont été retirées des comptes de Liliane Bettencourt quatre mois avant le premier tour de l’élection présidentielles.

La question du financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy semble donc se poser chaque jour avec une acuité nouvelle.

Aux Etats-Unis d’Amérique, une affaire équivalente aurait contraint n’importe quel Président à s’expliquer.

Elle aurait certainement motivé une procédure d’impeachment (qui n’existe pas en France), même si le financement des partis politiques américains obéit certainement à d’autres règles que les nôtres.

Mais, en France, nous ne nous embarrassons pas pour si peu.

Les explications sont balayées d’un revers de main en vingt minutes chrono.

En tout cas, ces sommes révélées par les médias éclairent sous un jour nouveau la campagne de Nicolas Sarkozy.

Tout le monde se souvient des importants moyens qui avaient été déployés par l’UMP, notamment en matière de communication.

Tout le monde se souvient aussi du meeting organisé au Palais omnisports de Bercy en compagnie de certains représentants du show business, le 29 avril 2007.

Et que penser de ces centaines de cars affrétés dans toute la France pour que les militants UMP puissent faire la claque aux différents meetings ?

Tout ceci coûte cher… très cher…

Tenez par exemple ! Cela se passait le 14 janvier 2007, sur le boulevard des Maréchaux à Paris,  non loin de la Porte de Versailles, jour de l’investiture de Nicolas Sarkozy comme candidat de l’UMP à la présidentielle.

Le malicieux Guy Birenbaum passait par là… Et de remarquer déjà une certaine propension à s’affranchir des règles…

Cependant, peut-on affirmer que Nicolas Sarkozy a volé sa victoire ?

Je ne le pense pas.

Je veux dire par là qu’un éventuel financement occulte ne saurait expliquer a posteriori la victoire de Nicolas Sarkozy qui a suscité quand même sur son nom un large mouvement d’adhésion des électeurs.

Le président de la République a considérablement profité d’autres facteurs, dont notamment :

  • une complaisance avérée des grands médias nationaux et régionaux qui ont relayé les slogans de campagne de l’UMP et qui n’ont jamais raté une occasion de monter en épingle les soi-disant « bourdes » de la candidate socialiste ;
  • une division interne du PS qui a contraint Ségolène Royal à affronter tant Nicolas Sarkozy, qu’une partie des apparatchiks de la rue de Solferino.

Il ne faudrait pas non plus que l’affaire Bettencourt/Woerth/Sarkozy élude ces deux autres points qui ont évidemment joué en faveur de l’actuel locataire de l’Elysée.

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5 commentaires

  1. Made dit :

    Je me permettrais d’avancer l’argument suivant et si l’argent liquide avait permis d’acheter des voix ???

    On serait dans quelle catégorie ?

  2. Gabale dit :

    On appelle ça de la corruption.

    Mais je n’ose imaginer un tel scénario d’achats de voix.

    Ca supposerait un mécanisme d’ampleur, avec de possibles fuites. Acheter des voix, c’est acheter des silences.

    Et il n’y a pas d’obligation de résultat.

    Si financement occulte il y a, il peut servir à payer des communicants, des sites internet, et plus largement, tout ce qui relève des moyens de propagande.

  3. estelle92 dit :

    Est-ce vrai que les extraits diffusés à la télévision des meetings de Sarkozy provenaient d’images filmées par ses équipes et non par les TV ?
    Parce que ça, c’est très cher !!!

  4. Maupassant dit :

    Plus que des voix ou des ressources technique, l’argent liquide cela permet aussi d’acheter des gens, bien placés et utiles aux moments clés.

    Tricher sur les comptes de campagne, c’est forcement voler la victoire.

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