Ce billet a été publié il y a 6 mois 27 jours. Il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être obsolètes ou, à tout le moins, elles doivent être replacées dans le contexte où ce billet a été écrit.

Renaud Dély
Dans son numéro 668 du 6 au 12 février 2010, l’hebdomadaire Marianne consacre un intéressant dossier à l’affaire Georges Frêche.
Parmi les analyses publiées, celle du journaliste Renaud Dély, intitulée « Les mots, les juifs et Laurent Fabius », retient particulièrement l’attention en raison de sa profonde perversité (celles et ceux qui voudront la lire pourront se reporter au lien de bas de page).
Cette analyse montre comment un journaliste, pourtant talentueux, peut en être réduit à écrire absolument n’importe quoi, dès lors qu’il s’agit pour lui, non de se fonder sur les faits et sur les faits seuls pour élaborer son opinion, mais sur ses propres fantasmes.
« De quoi Georges Frêche est-il le nom ? ». C’est sur cette grave question, pompée sur le titre d’un ouvrage du philosophe Alain Badiou (« De quoi Sarkozy est-il le nom ? »), que débute le réquisitoire de Renaud Dély.
D’entrée de jeu, le journaliste écarte l’hypothèse selon laquelle Georges Frêche est antisémite :
« De quoi Georges Frêche est-il le nom ? D’un fieffé antisémite crachant sa haine des juifs ? Certainement pas. Le tonitruant président de la région Languedoc-Roussillon n’est pas antisémite. Toute la carrière du matamore (sic !) de Septimanie est là pour témoigner que l’on ne saurait l’accuser d’un tel forfait. »
Mais si Renaud Dély paraît écarter cette hypothèse, en feignant la prudence et la mesure, c’est pour mieux y revenir ensuite dans le corps de son article et instiller le doute à l’égard de Georges Frêche dans l’esprit des lecteurs :
« Comme toujours, avant d’accuser des pires maux, il convient d’en revenir aux mots. »
Renaud Dély s’improvise alors linguiste en énonçant le postulat hallucinant de son article :
« Or, si Frêche, d’ordinaire dépeint comme « l’ami des juifs », n’est pas antisémite, la phrase qu’il a prononcée au sujet de Laurent Fabius – « Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème : il a une tronche pas catholique » – l’est à coup sûr (sic !). »
Le quasi-syllogisme de Renaud Dély revient donc à dire que si Frêche n’est pas antisémite, la phrase qu’il a prononcée au sujet de Laurent Fabius l’est certainement. Dès lors, Frêche pourrait très bien être finalement antisémite.
Naturellement, le journaliste n’est pas idiot au point de l’écrire en toutes lettres, mais c’est pourtant ce qu’il suggère fortement. Tout est donc dans le sous-entendu, dans l’insinuation, dans les déductions auxquelles les lecteurs sont invités à se livrer.
Par conséquent, Renaud Dély relance, de manière parfaitement hypocrite et scandaleuse, les accusations qu’il avait pourtant prétendu écarter au début de son article.
La certitude de l’auteur au sujet du caractère antisémite des propos de Georges Frêche s’appuie sur la démonstration suivante (nous soulignons) :
« Surtout, le propos de Frêche est antisémite en raison de l’identité même de la cible (sic) ».
Cette phrase est particulièrement abominable. Non seulement parce qu’elle travestit le sens d’une expression de la langue française pour les besoins de la démonstration, mais aussi et surtout parce qu’elle lui confère une connotation antisémite en raison des origines familiales et religieuses de Laurent Fabius qui, d’ailleurs, n’est pas juif.
« Né dans une famille juive, mais baptisé et élevé dans la religion catholique par des parents qui, après la Shoah, y cherchaient sans doute (sic) une forme de protection (sic), Fabius est un républicain laïc (sic). »
A lire la prose sidérante de Renaud Dély, on finit donc par se demander si ce n’est pas finalement le journaliste de Marianne qui a un problème sérieux avec le judaïsme en général et les origines de Laurent Fabius en particulier.
En effet, ce qui est grave, c’est de constater que Renaud Dély prétend débusquer l’antisémitisme en adoptant les mêmes raisonnements que les antisémites qu’il prétend dénoncer et combattre.
Laurent Fabius devient en quelque sorte juif « malgré lui ». Il faut donc croire que Laurent Fabius, catholique non pratiquant, laïque et fervent républicain, porte en lui une judéité dont il ne saurait se défaire, puisque l’on se réfère à sa généalogie afin de démontrer le prétendu caractère antisémite du propos de Georges Frêche.
En d’autres termes, selon Renaud Dély, les maux se trouvent dans les mots dont le sens est organiquement apparenté à l’identité de celle ou celui qu’ils désignent.
Si l’on pousse le raisonnement de Renaud Dély à son paroxysme, l’identité (ethnique, religieuse, voire « raciale », un parcours individuel, etc.) forgerait donc le sens des mots et des expressions.
C’est comme si l’on disait de Renaud Dély qu’il est « bête comme ses pieds » et que l’intéressé opposait à ce jugement hâtif son curriculum vitae, ses diplômes ou ses bulletins scolaires.
Qu’en déduire alors si ce n’est justement qu’on ne peut plus rien dire de peur de subir les foudres de petits procureurs – comme Renaud Dély – qui réduisent les expressions et la syntaxe à leurs surinterprétations et à leurs fantasmes ?
Mais il y a un autre problème dans l’article de Renaud Dély qui montre clairement, selon nous, que le but ultime du journaliste est de souligner implicitement que Georges Frêche est antisémite, bien qu’il s’en défende au tout début de son article. Celui-ci écrit :
« Georges Frêche a beau se grimer en rebelle aux élites parisiennes, ce n’est pas n’importe qui. Intelligent, lettré et cultivé, cet agrégé […] connaît par le menu l’histoire de Laurent Fabius qu’il combat sans relâche depuis trente ans. »
La référence à l’intelligence et à la culture de Georges Frêche ne doit pas faire illusion. Elle n’est pas destinée à atténuer les accusations, mais vise au contraire à les renforcer.
Parce qu’il est intelligent, lettré et cultivé, Frêche ne pouvait, d’après Renaud Dély, que connaître « l’identité » de Fabius qu’il combat depuis trois décennies. Vu sous cet angle, le propos de l’élu languedocien n’en devient alors que plus indéfendable. Son machiavélisme s’en trouve même décuplé et les soupçons au sujet de son antisémitisme n’en deviennent que plus forts.
L’intelligence et la culture de Frêche deviennent donc ici des éléments à charge.
Or, il est très facile de souligner également l’inanité de l’analyse de Renaud Dély à ce sujet en faisant remarquer une chose simple : si Georges Frêche avait eu vraiment à l’esprit l’arbre généalogique de Laurent Fabius, et plus particulièrement ses origines juives, il n’aurait bien entendu jamais pris le risque politique d’utiliser une expression dont le sens est aujourd’hui volontairement déformé et décontextualisé par le microcosme médiatico-politique, précisément parce qu’il est intelligent, lettré et cultivé.
En revanche, le président de la région Languedoc-Roussillon a certainement sous-estimé la capacité de nuisance de ceux qui, au nom de la liberté de l’information, érige la calomnie et les ragots au rang d’informations pour les besoins de la polémique et peut-être pour y acquérir la notoriété qui leur fait défaut.
En conclusion, si Renaud Dély est « assurément » un journaliste talentueux, son point de vue péremptoire concernant le propos de Georges Frêche n’en demeure pas moins foncièrement malhonnête.
A lire : Les mots, les juifs et Laurent Fabius (par Renaud Dély)


25 commentaires
Bravo pour cette mise au point et dommage que ça vienne d’un journaliste pour qui j’avais une certaine estime…
Excellente analyse.
De là à penser que son discours très opposé à celui de Laurent Neumann, ne serait que le fruit d’un ratissage tous azimuts pour l’hebdo Marianne ?!
Faut plaire à tout l’éventail de son lectorat !
Bref, de la cuisine, du commerce et du négoce de bas étage.
L’essentiel est dans cette phrase que je trouve extrêmement pertinente:
» on ne peut plus rien dire de peur de subir les foudres de petits procureurs – comme Renaud Dély – qui réduisent les expressions et la syntaxe à leurs surinterprétations et à leurs fantasmes ? »
… les fantasmes s’exaspèrent dès qu’on parle de « juifs » – c’en est désopilant – puisqu’il semble qu’ il suffirait même maintenant de dire « pas catholique »!
Les vrais antisémites, comme le souligne très bien Daniela Lumbroso seraient plutôt ceux qui ont précisé que Fabius est juif.(c’est ici, partie 2 : http://www.canalplus.fr/pid3350.htm?nav=1 )
Sans m’attarder sur le ridicule de cette défense forcenée de Frêche, dont tout le monde aura compris qu’il ne s’agit que des intérêts de Ségolène Royal, je vais me contenter de pointer cette chose incroyable qui te fait t’autoriser à savoir mieux que Fabius lui-même s »il est juif ou non.
Laurent Fabius est juif tout simplement parce qu’il le revendique lui-même.
Et ce qui va te trouer c’est qu’il le revendique parce que l’opinion publique, du moins sa part antisémite, le voit comme tel.
Sauf pour un ignorant, il n’y a aucune incompatibilité entre avoir été baptisé, avoir été élevé dans la religion catholique, être républicain, être laïc et être juif – n’importe quel antisémite te le confirmera…
Vois-tu, ce journaliste en qui tu avais confiance, il a visiblement creusé un peu le sujet et, si tu avais bien voulu l’entendre, tu aurais pu en profiter pour t’ouvrir à ce qu’il a cherché à t’expliquer et qui est tout à fait intéressant.
Mais non, rien ne peut se placer au-dessus des intérêts politique de Ségolène.
Tiens, Dedalus vient de déposer un miasme sur Ségolène Royal pour laquelle il nourrit une fascination obsessionnelle qui ressemble à s’y méprendre à de l’amour contrarié.
Comme je n’ai guère le goût de tergiverser outre mesure sur le maximalisme désopilant du « Mickaël Vendetta du blogging politique », je lui ferai simplement observer que si Frêche était antisémite ou que si ses propos l’étaient, il appartiendrait alors à Laurent Fabius d’ester en justice.
Or, celui-ci ne l’a pas fait. Pourtant, depuis quasiment un mois et demi, il aurait eu le temps de réagir, n’est-ce pas ? Idem de la Licra, du MRAP, etc.
J’observe aussi que Madame Hélène Mandroux, présente durant la réunion où les propos de Frêche ont été tenus, n’a absolument pas réagi et manifesté de désapprobation, ainsi que l’a rappelé Laurent Neumann de l’hebdomadaire Marianne dans l’émission de Thierry Ardisson (Salut les Terriens, dimanche dernier sur Canal+, voir le lien (partie 2) laissé par Jocegaly).
Mandroux est-elle donc antisémite ?…
De même, l’assistance présente à cette réunion était-elle composée majoritairement d’antisémites ?
Tout ceci n’est donc pas sérieux et ne vise en réalité qu’à accomplir de basses manoeuvres internes au PS en passant outre les statuts de cette formation politique. Personne n’est dupe.
Mais vous verrez que demain, si Frêche est maintenu à la présidence du Conseil régional du Languedoc-Roussillon (ce que je souhaite), le petit Dedalus dira probablement que le Languedoc-Roussillon est une région peuplée d’antisémites.
Quant à Renaud Dély, j’exprime une profonde divergence à l’égard de son papier. Ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie pas son travail de façon générale.
Mon commentaire n’est pas là et, pour l’avoir lu chez moi, tu sais que j’ai écrit que Frêche n’est pas antisémite.
En revanche, toi tu as bel et bien écrit que Fabius n’est pas juif… contre l’avis même du premier concerné, ce qui est d’une stupidité confondante.
Je n’ai rien fait d’autre que de pointer le ridicule de ton argumentation. En réponse, plutôt que de reconnaître ton erreur, tu donnes dans le mensonge et le mépris. J’aime quand tu montres ton vrai visage.
Fabius n’est pas juif vu qu’il est baptisé.
Je ne suis pas catholique, mais j’imagine malgré tout que le baptême n’est pas un sacrement anodin pour celles et ceux qui ont cette foi en partage.
Si on ne veut plus être baptisé, il faut réclamer le statut d’apostat auprès de l’évêque de son diocèse : en clair, réclamer la débaptisation.
Gabale, être juif n’est pas strictement inclus dans être de religion juive. on n’est pas juif comme on est musulman ou catholique, ou pas uniquement. il y a judaïsme et judéité. et si Fabius lui-même dit qu’il est juif, tu pourrais peut-être avoir l’humilité de pevser qu’il y a peut-être un truc que tu n’as pas compris. mais non, ça sert ton petit raisonnement étriqué, alors qu’importe ce que dit Fabius – et quelques centaines de milliers d’autres juifs avec lui -, Gabale l’a décrété : Fabius n’est pas juif. obtus à ce point, je ne sais pas si c’est tragique, ou simplement risible.
Pour mettre tout le monde d’accord (vaste programme), ctte mini-affaire n’est qu’un prétexte politique permettant à Solférino de préparer les primaires en espérant nettoyer une fédération pro-Royal.
Point barre.
Quant aux propos de Dedalus qui affirme:
« Sans m’attarder sur le ridicule de cette défense forcenée de Frêche, dont tout le monde aura compris qu’il ne s’agit que des intérêts de Ségolène Royal… »
puis:
« Mais non, rien ne peut se placer au-dessus des intérêts politique de Ségolène. »
je dirai simplement que soutenir Ségolène Royal est un droit, pas une maladie honteuse. Et qu’une femme POLITIQUE ait des intérêts POLITIQUES me semble assez naturel.
Ce qui l’est moins, c’est de venir cracher sa haine anti-Royal en utilisant l’affaire Frêche dont en fait Dedalus se fout pas mal.
Les segophobes ne sont que l’autre face des segolatres. Mais ils jouent la même pièce
PS: que dedalus lise les sondages concernant Frêche. Ca va le trouer…
@Veronique
Je ne me fous pas de l’affaire Frêche et j’ai dit ici ce que j’avais à en dire : http://www.avoodware.com/blog/files/freche-antisemite.html
L’aspect Royal, je ne l’ai réalisé qu’en constatant d’où venait la défense la plus acharnée de Frêche. Mais ce n’est qu’accessoire – et plutôt risible de mon point de vue. Pour ma part, si j’ai une opinion bien tranchée en ce qui concerne Royal, je parviens encore à faire très nettement la différence entre elle et Frêche.
Tu as raison, il n’y a rien de honteux, bien au contraire, à soutenir Royal. En revanche, ce qui peut être honteux est en les moyens de ce soutien. Et en arriver à affirmer que Fabius n’est pas juif alors même que l’intéressé revendique sa judéité – et pour des motifs qui sont tout sauf anodins, du moins pour qui possède un minimum de culture sur le sujet – est parfaitement minable.
PS : je n’attends que rarement après les sondages pour me faire une opinion…
Franchement y’avait pourtant moyen d’attaquer Frêche sur bien des aspects….
Mais là…se fourvoyer à ce point en utilisant la bombe atomique de l’antisémitisme…et se justifier sur telle ou telle déclaration de telle personne politique sur son appartenance religieuse ou sur les façons de devenir ou de ne plus être de telle religion…………….
C d’un pathétique…surtout pour des républicains laïc, hein !
Les Aubry, Bartolone…, les journalistes comme Dély, et les missiles téléguidés comme Dedalus…vous allez avoir du mal à masquer les tâches de toute la merde que vous avez remué (déjà qu’il y a pas mal des restes de la tambouille de Reims).
Sinon un petit mot @gabale pour son travail
C’est sûr on se sert de cette incartade pour se refaire une posture de gauche morale mais ce qui ne va pas dans ce que dit Frêche et il avait le droit de le dire ! c’est qu’il a usé d’une référence PHYSIQUE ( LA TRONCHE ) et ça c’est une approche historiquement antisémite,il aurait dû dire » un comportement » ou » une attitude » etc….et là rien ne se serait passé…mais il est juste aussi de dire que ceux qui rappellent les origines juives de Fabius ou son look…sont aussi peut-être plus inconsciemment encore antisémites qu’ils ne pensent….
@ Dedalus
Ce qui est minable, c’est d’en appeler maintenant à la judéïté de Fabius pour travestir le sens d’une expression de la langue française et jeter le discrédit sur Frêche dont le parcours politique, intellectuel et philosophique contredit radicalement les accusations d’antisémitisme qui le frappent.
Ce qui est minable, c’est de se référer à la judéité de Fabius (les origines juives, ou les accointances que l’on peut avoir pour le judaïsme) pour pallier sa non judaïté (la non appartenance religieuse au sens strict) pour relancer les accusations grotesques d’antisémitisme.
Ce qui est minable, c’est cette persistance à voir de l’antisémitisme là où il n’y en a pas, uniquement dans le but de couvir de pitoyables manœuvres d’appareil, lesquelles, d’ailleurs, ne trompent personne.
Ce qui est minable, c’est de contribuer à galvauder ainsi le danger de l’antisémitisme, en criant au loup en dépit du bon sens, en instrumentalisant une déclaration que l’on a pris soin de décontextualiser.
Ce qui est minable, c’est de vouloir associer à toute force les intérêts politiques de Ségolène Royal à cette polémique ignoble en raison des liens d’amitié qui l’unissent à Georges Frêche et en raison des excellents scores qu’elle a fait en novembre 2008 en Languedoc-Roussillon, après le Congrès de Reims.
@Gabale
1- personne n’a mêlé Royal à cette histoire, sinon ses soutiens qui se vautrent régulièrement dans cette paranoïa. il ne devrait d’ailleurs pas t’avoir échappé que plus personne ne se soucie de Ségolène, sinon ses derniers rares soutiens et qui y croient encore.
2- le fait est que Fabius est juif et qu’il le revendique, le fait est que les antisémites le stigmatisent comme tel (d’où la revendication) et le fait est que Frêche qui est loin d’être ignorant le sait… comme il sait à quel ressort historique il fait référence en associant le physique de Fabius (sa tronche, plus précisément) à quelque chose de « pas catholique ».
3- cela ne fait pas de Frêche un antisémite, mais un vil populiste politiquement irresponsable et qui a joué là avec le feu antisémite.
4- tu peux ne pas être d’accord avec ma conclusion (3-) mais rien ne t’autorise pour les soins de ton argumentaire à cet exercice de négation de la judéité revendiquée de Laurent Fabius : c’est insultant.
5- il est vrai que tu n’en es pas une insulte près.
6- pour ton information, judaïsme et judéité sont deux choses différente la seconde englobant et dépassant la première. or, historiquement, c’est toujours à la judéïté que s’est adressé l’antisémitisme.
Je n’ai jamais nié à Fabius ou à qui que ce soit le droit de revendiquer sa judéité, c’est-à-dire ses origines juives. J’ai simplement dit que Fabius n’est pas juif mais catholique non pratiquant. Ce n’est pas un jugement de valeur mais un constat.
C’est précisément la raison pour laquelle il n’y a pas matière aux accusations d’antisémitisme dont Georges Frêche fait l’objet depuis maintenant quinze jours et qui ont été le prétexte à monter, en toute hâte et malgré le vote des militants socialistes de la région, une liste concurrente afin de tenter d’inféoder les fédérations départementales à la direction nationale du PS.
C’est précisément aussi la raison pour laquelle aucune action judiciaire n’a été intentée contre Georges Frêche.
En faisant référence à la judéité de Fabius, tu adoptes à rebours, et sans t’en rendre compte, les mêmes raisonnements que les antisémites qui, travaillés par leur haine paranoïaque, sont obnubilés à l’idée de traquer l’identité juive et à lui accorder une prééminence sur des individus qui n’ont pas/plus de rapport religieux et culturel direct avec le judaïsme, soit parce qu’ils ont une autre appartenance religieuse, soit parce qu’ils n’en ont aucune.
C’est ainsi que l’extrême droite, notamment sous le régime de Vichy, a traqué les convertis, et s’est évertuée à vérifier les ascendances des gens qu’elle soupçonnait d’appartenir à « l’anti-France ». On épluchait alors les livrets de famille, les décrets de naturalisation, on annexait des « certificats de non judéité » aux actes notariés etc. Parfois, il suffisait d’un simple nom de famille, un faciès, etc.
Je voudrais pour terminer citer un extrait rappelé sur ce blog par Alain Rollat en personne :
« Des Frêche, il y en a aussi beaucoup à Paris, et ces Frêche-là, dont le nom s’écrit exactement comme le mien, ce sont tous des juifs: des juifs originaires des pays baltes – Lituanie, Lettonie – ou de Pologne. Or, selon ces Frêche de Paris, ma famille ariègeoise pourrait descendre d’une famille de marranes convertie au catholicisme après avoir été chassé d’Espagne au XVè siècle. Cette hypothèse me plaît; j’aimerais bien être d’origine juive. Pour moi, avoir une ascendance juive, ce serait un honneur. Quel est le peuple qui a produit Moïse, Jésus de Nazareth, Marx, Freud et Einstein? Comment ne pas être fier d’être juif »
(Georges Frêche, « Il faut saborder le PS », conversations avec Alain Rollat, Le Seuil, 2007, p. 233)
Ainsi que cette anecdote, toujours rapportée par Alain Rollat qui avait réagi sur ce blog à un commentaire injurieux de Gauche de Combat traitant Frêche de « Gros porc » :
« Est-ce que je défends « un porc »? Je crois défendre la vérité. Si je m’insurge contre le rouleau compresseur de la calomnie mis en branle par la direction nationale du PS pour essayer de liquider Frêche, c’est tout simplement parce que l’honnêteté intellectuelle est, à mes yeux, la condition sine qua non de toutes les autres « valeurs de gauche ». Et je parle ici d’un sujet que je connais bien pour avoir combattu pendant 25 ans, dans les colonnes du Monde et dans mes ouvrages, les thèses xénophobes, racistes et antisémites de l’extrême droite. L’équation Frêche= Le Pen est une équation aberrante, dégueulasse. C’est comme si l’on assimilait Jules Ferry au comte Gobineau sous prétexte que tous deux, imprégnés de l’ ethnocentrisme de leur temps(comme Victor Hugo…) croyaient en l’existence de races « inférieures » et « supérieures ». Je reviens sur Frêche un instant pour souligner un point de la « petite » Histoire qui devient très « parlant » dans le débat présent: à ma connaissance, Frêche est le seul élu socialiste qui ait eu le courage de dire en face à François Mitterrand ceci: » J’aurais pu pardonner votre passé vichyssois parce que vous êtes allé de droite à gauche mais, ce que je ne peux pas comprendre, c’est que vous ayez continué à déjeuner ou diner avec Bousquet alors que vous saviez très bien à quoi vous en tenir sur ce type qui a envoyé les Juifs au Vel’d’Hiv’, et qui, en plus, a livré leurs enfants aux nazis qui ne les avaient pas demandés… » Cela se passait en 1994, à l’Elysée, et j’ai raconté cette entrevue. Je ne me souviens pas qu’un Fabius ait eu cette témérité. Il est vrai qu’en « dérapant » de la sorte ce « porc » brulait sa dernière chance de devenir ministre… »
@ dedalus
si tu te renseignais un peu, au lieu de te vautrer dans ces affirmations triviales et erronées :
- oui c’est Fabius, le fourbe, l’hypocrite habitué aux coups tordus, qui a attaqué Frêche en premier le 20 décembre 09 (il a préparé longtemps à l’avance cette saleté, pour parler LUI-MEME d’antisémitisme — faut-il qu’il soit pervers, pour s’abaisser l’Homme d’Etat à pareilles bassesses !!! — en faisant jouer ses cornes de brumes des médias,… jusqu’au pouvoir en place ? ).
Elle est belle la pureté de Fabius !
- regarde de près, mon pauvre ami, les votes du BN !
Et tu commenceras à piger peut-être un tantinet, que ce n’est pas si simpliste.
Tous sont derrière Fabius et Aubry, pour des intérêts perso divers mais qui convergent en Languedoc-Roussillon.
Jean-Louis BIANCO en tête qui soutient MANDROUX, et ce …depuis 1an, après qu’Eric ANDRIEU (qu’il soutenait aussi, bien sûr et dont il a même initié la candidature avec son assistant parlementaire Nicolas CADENE …qui espère pouvoir remplacer le premier fédéral du Gard, Fabrice VERDIER) ait échoué.
Merci la Fourmi pour ce complément d’information qui me permet de comprendre mieux le petit jeu de Nicolas Cadène que j’avais du mal à saisir.
Ceci dit, si ce dernier entend prendre la place de Verdier en profitant du contexte politique actuel, il devra vraiment s’accrocher car les candidats ne manquent pas dans le Gard.
Il me semble en effet qu’Alain Fabre Pujol a déclaré récemment sa flamme à Hélène Mandroux pour des « raisons essentiellement morales » (bien entendu, comment pourrait-on en douter ?) et qu’il pourrait même figurer sur la liste soutenue par les commissaires politiques de la rue de Solferino.
Naturellement, il serait évidemment « désagréable » de le soupçonner de vouloir également prendre la place de Fabrice Verdier, lui qui fut, pendant des années, le premier fédéral du Gard et celui qui a préféré se ranger derrière Alain Clary et le PCF alors que le PS, à Nîmes et dans le Gard, est pourtant – et de loin – la première force politique de gauche.
Je ne sais pas si cette information est toujours d’actualité, mais on voit que ces « camarades » sont prêts à sacrifier l’intérêt général (maintenir la région à gauche) sur l’autel de leurs mesquines ambitions politiques.
@ Gabale et la Fourmi (je surpris de sa virulence d’autant qu’elle me connaît pourtant) : Tout cela est fatigant. Vos propos déplacés et diffamants sont simplement blessants.
Si Martine Aubry aurait en l’espèce de mauvaises intentions, le problème du système Frêche demeure et il faut effectivement le régler. L’aveuglement de certains est étonnant.
D’ailleurs tous les ségolénistes (et pas seulement Jean-Louis Bianco ! Il y avait aussi Dominique Bertinotti, Najat Vallaud-Belkacem, Guillaume Garot, Gaëtan Gorce, etc.) membres du BN ont voté pour l’investiture d’Hélène Mandroux.
Pour ma part, je ne veux que défendre une nécessaire rénovation dans le Languedoc-Roussillon.
L’argument de la reprise de la place de 1er fédéral est absurde et ne tiens évidemment pas. Pourquoi ? Parce que cela supposerait l’exclusion de l’actuelle majorité fédérale et au moins du 1er fédéral. Ce qui est loin d’être assuré. De plus, j’ai tout fait pour appeler ce dernier à rejoindre la liste Mandroux et je vous rappelle, de toute façon, qu’à l’époque de la candidature d’Éric Andrieu, il n’était évidemment pas question d’exclure qui que ce soit !
Il faut être un « drôle de socialiste » pour accepter le système de « baronnies » qui existe actuellement en région et qui empêche le plus souvent tout dynamisme militant et toute reconquête sérieuse des territoires.
Nous sommes ici sans arrêt mis en difficulté dès lors que l’on n’est pas inféodé à un « baron ». Ce n’est plus possible, nous devons ici nous renouveler et être en capacité de répondre aux difficultés de nos concitoyens.
Dois-je aussi rappeler qu’en région, lors du vote Andrieu/Codorniou, les militants ségolénistes étaient en majorité pour Éric Andrieu dans le Gard, l’Aude, la Lozère et les Pyrénées Orientales ?
Seul dans l’Hérault, pour des raisons bien entendu évidentes et « historiques », les militants DA et PS étaient en majorité pour Codorniou.
Par ailleurs, faut-il rappeler que seul 35% des militants ont voté pour la liste conduite par Georges Frêche ? Les 65% autres se sont abstenus. Et nous savons comment peut être parfois « tenu » le vote de militants dans certains endroits (système de pression sur les subventions, l’emploi, les investitures, etc.).
Concernant les propos du président sortant, connaissant bien le personnage de Georges Frêche, je sais parfaitement qu’il joue des scandales pour se poser en martyr.
Il est loin d’être idiot. Certes, la phrase sur Laurent Fabius est ancienne.
Mais bien d’autres auraient pu sortir dans la presse, tant il en a dit depuis. Avec lui, on ne pouvait que s’attendre à ce type de déclaration. On l’avait prévenu à l’époque de la candidature d’Éric Andrieu, ça s’est réalisé.
Tout n’est pas excusable. D’autant que cette liberté de ton de sa part (bien dommage tant les propos sont ambiguës et souvent jugés populistes) illustre à quel point il se sait intouchable.
Il tient un « système », il tient tout l’appareil socialiste dans la région, refuse toute concurrence, empêche comme déjà dit, le renouveau, empêche toute dynamique militante et toute reconquête des villes et des territoires.
Enfin, je trouve particulièrement lamentable d’ainsi attaquer une personne aussi respectable que Jean-Louis Bianco, l’élu le plus proche de Ségolène Royal. Quelqu’un que tout le monde sait bien loin des stratégies d’appareil et qui se concentre avant tout sur le travail d’idées.
Amicalement,
Nicolas Cadène
PS : Petit rappel : comment parler de « complot anti-Royal » alors qu’Hélène Mandroux soutient Ségolène Royal (elle l’a accueilli pour la fête de la fraternité) quand Georges Frêche soutient désormais très clairement Dominique Strauss-Kahn et quand son attitude pour le vote de la 1ère secrétaire a été pour le moins ambiguë ?
bonjour,
1/en raison d’une relation ancienne avec martine Aubry je me suis intéressé à la liste mandroux et au travail des « rénovateurs ».Par contre je n’ai jamais déclaré que je souhaitais être candidat sur aucune liste aux régionales même si comme vous j’ai lu cela dans la presse et même si une proposition faite par Europe écologie est tombée à l’eau.
2/j’ai rejoint, en 2008, avec 15 autres socialistes candidats, la liste de gauche à Nîmes face à la folie autiste de la liste officielle du PS conduite par 2 camarades qui pensaient que « faire » des cartes permettaient de prendre le PS local et la Ville dans la foulée. Il fallait sauver l’honneur de la gauche puisqu’à perdre autant assurer le meilleur score possible (ils ont fait 13%, nous avons fait 23%)et près de 47% au 2ème tour; par ailleurs si le PS a été un moment la 1ère force de gauche à nîmes je crois y avoir participé avec les militants socialiste.
3/même si je me suis beaucoup plu à occuper les fonctions de 1er Secrétaire fédéral du PS dans le Gard, j’y ai consacré 13 ans de ma vie et de plus jeunes doivent pouvoir se former à la pratique de la responsabilité politique..et, petite remarque, je ne suis pas au PS depuis 2008.
@Gabale
Fabius n’est pas « catholique non pratiquant ». Il est agnostique. Voilà pour l’aspect religieux – et le fait d’avoir été baptisé n’y change rien.
Par ailleurs, et en dehors de toute connotation religieuse, Fabius est juif… et c’est précisément parce qu’il a des origines juives que les antisémites le stigmatisent, lui comme tant d’autres. Il ne s’agit pas de religion – hors l’ancestral antisémitisme catholique (« ils ont tué le Christ ») mais ce n’est pas de ça dont on parle…
Tu ne sais manifestement pas de quoi tu parles. L’ignorance n’est pas une tare – nous le sommes tous – mais ton manque d’humilité face à ton ignorance confine là à la bêtise. Tant pis.
Ce que tu sais parfaitement, dedalus, c’est que Fabius est assez pervers et fourbe, pour avoir tout planifié depuis au moins le 3/12/9 (… car on peut se rappeler le retour à l’automne au BN, très opportunément pour mieux tirer quelques ficelles), au regard du vote massif en LR confortant Frêche.
Le 20/12, il a insulté Frêche publiquement, donc les militants de la Région qui venaient de voter avec des taux de participations que d’autres régions pouvaient envier à juste titre.
Ce qui est fort pour un « responsable » politique, n’est-ce pas ?
Quand on veut une solution de « sage actif », on tente de le faire…en interne.
Mais L.Fabius, LUI, peut insulter. Personne ne trouve à y redire : son statut d’ancien 1er Ministre lui autorise à peu près tout ?
A-t’il demandé l’avis de « ses amis » :
Christian BOURQUIN et Jean-Claude PEREZ ?
On mesure son sens profond de l’amitié…
Et début février, l’homme d’Etat que l’Europe nous envie, pique une crise (toujours devant micros et TV) criant à l’antisémitisme caractérisé !
On se demande sottement pourquoi Hélène Mandroux, au 1er rang, lors de la déclaration de Frêche le 22/125 répondant sur le même ton à Fabius, n’a pipé mot ?
Et pourquoi Fabius comme le SN, BN du PS, n’ont pas réagi non plus ?
Il n’y a guère que les télespectateurs de TF1 pour gober la mouche !
Ce cinéma de mauvaise qualité, ce navet pour tout dire, ne peut être défendu même par les « amis » de L.Fabius.
Ici dedalus, hamonistes, fabiusiens, royalistes, strauskanhiens… travaillent très majoritairement (cf les votes du 1er/10 et 3/12/9) main dans la main, et sont écoeurés du comportement de leurs lideurs parisiens.
Tous savent que quelques très minoritaires n’ont pas accepté leur défaite, et qu’il s’agit de pratiques staliniennes de la Direction pour passer outre la démocratie qui s’est exprimée ici, permettant accessoirement à une poignée de caciques revenchards et de petits arrivistes de tenter un coup de force.
Sans parler de l’essentiel pour cette engence :
mettre à bas le LR, pour 2012 !
Pauvres Jaurès et Blum qui se retourneraient dans leurs tombes s’ils pouvaient visualiser cette caste à la manoeuvre après avoir fait une OPA sur notre parti !
http://www.youtube.com/watch?v=jnvNDbj18_Q
@Dedalus :
Tu es manifestement prêt à raconter n’importe quoi. Mais la mauvaise foi (sans jeu de mots) est de toute façon chez toi quelque chose d’habituel. Je n’en suis donc pas étonné outre mesure.
Dans la première phrase, tu dis que Fabius est agnostique « même s’il est baptisé » (je ne suis plus catholique, mais j’imagine que celles et ceux qui le sont apprécieront de voir à quel point tu considères l’importance du baptême).
Puis, dans la phrase suivante, tu affirmes que Fabius est juif « en dehors de toute connotation religieuse » (sic).
Bref, tu raisonnes exactement comme Dély. Tu fais de Fabius un juif « malgré lui ». C’est comme les antisémites qui se plaisent à relever les origines juives de personnes qui, pourtant, n’ont pas d’appartenance religieuse ou qui en ont une différente.
Parce que tu ne peux évoquer la judaïté de Fabius, tu te réfères alors au concept évanescent de judéité, comme si la religion se trouvait en quelque sorte dans l’ADN des gens. Or, quelle que soit la confession, l’appartenance religieuse est avant tout un choix. Elle est une démarche spirituelle volontaire.
Si le baptême n’a pas d’importance à tes yeux – ce qui est ton droit – je dirai également qu’on n’est pas davantage juif par simple opportunisme politique, par le seul désir d’exploiter une phrase en tentant de lui donner un sens qu’elle n’a jamais eu. On l’est ou on ne l’est pas. Et quand on ne l’est pas, on peut faire un long chemin de réflexion vers une conversion possible. Rien ne l’interdit.
En ce qui me concerne, j’ai été baptisé, j’ai reçu tous les sacrements. Puis, de ma propre et libre volonté, j’ai décidé de sortir de l’Eglise. J’ai donc contacté l’évêque de mon diocèse de baptême pour lui demander ma radiation des listes de baptême. J’ai fait acte d’apostasie. Ainsi, quand un pontife dit des conneries, il ne le fait pas en mon nom, mais au nom de celles et ceux qui demeurent dans l’Eglise. Ca ne me concerne pas.
Dedalus
Est malade je crois. Il est atteint de ségophobie. Je parie que comme tout le mone il ne savait pas que Fabius était juif parce que lui-même a toujours voulu se présenter comme agnostique. Même le LDJ (Ligue de Défense Juive pour l’ignorant) a pris fait et cause pour le très sioniste Frêche. Franchement l’attaque en antisémitisme contre Frêche est débile.
Mais pour attaquer Ségolène Royal on serait prêt à utiliser les pires méthodes du soviétisme…Hallucinant.