Les notaires pavoisent au Zénith de Paris

Gabale janvier 28, 2010 Tags et autres râles
closeCe billet a été publié il y a 6 mois 3 jours. Il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être obsolètes ou, à tout le moins, elles doivent être replacées dans le contexte où ce billet a été écrit.

Plaque d'une Etude à l'effigie de la République française

En France, il y a deux choses où l’on a acquis un savoir-faire certain : l’organisation de Grenelle et l’organisation d’Etats généraux sur nombre de sujets politiques, économiques et sociaux. La connotation réformatrice, voire révolutionnaire, de ces sauteries est souvent du meilleur effet. L’essentiel est de donner aux Français l’illusion d’un mouvement, d’une action, d’une direction. Olé !

Aujourd’hui, c’est au tour des notaires de se livrer à l’exercice. Le Conseil supérieur du notariat (CSN) a donc réuni ce jeudi l’ensemble des notaires de France pour une journée de mobilisation et de débats sur les évolutions et l’avenir de la profession. Plus de 6000 notaires ont fait le déplacement. Michèle Alliot-Marie, Garde des Sceaux en fut la guest star.

On serait curieux de savoir combien l’organisation de cette opération de pure communication va coûter à la profession et le bénéfice qu’elle va réellement en retirer alors que celle-ci est confrontée de plein fouet à la crise immobilière et bancaire.

Parmi les autres intervenants, Roland Cayrol de l’institut CSA. Il y  a été convié pour présenter les résultats du baromètre d’image  (ah l’image !…) de la profession réalisé par sa boîte à sondages bien connue sur la place de Paris (là aussi, il serait intéressant de connaître la facture des power point qui ont été présentés à l’assistance). Autre invité : Michel Grimaldi, Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II) et éminent civiliste, qui a également présenté une analyse de l’avant-projet de loi du Garde des Sceaux visant notamment à la création de « l’acte contresigné par avocat » (sujet d’inquiétude chez les notaires, on y reviendra ultérieurement).

L’absence du tiers état, l’absence des C.O.N.

Seulement voilà, pour que l’on puisse parler intelligemment de la profession et de son avenir,  encore eût-il fallu que ces Etats généraux y associent les représentants syndicaux des quelque 40.000 salariés du notariat en France. Or, le tiers état n’y a pas été convié de peur qu’il ne plombe l’ambiance festive du Zénith. La noblesse ne parlera donc qu’au haut clergé. On ne mélange pas en effet les visa gold avec de vulgaires cartes bleues.

L’absence des salariés du notariat (clercs habilités, premiers clercs, clercs, secrétaires, standardistes, négociateurs, etc.) est évidemment regrettable. On va donc y pallier par ce billet en rappelant certaines choses désagréables qui n’ont très certainement pas été évoquées au Zénith de Paris devant le gratin politique.

D’ailleurs, on ne dit plus « clercs » depuis un arrêté ministériel de 2006. Il faut dire à présent « collaborateur d’office notarial ». C’est moderne. Et tant pis si l’acronyme – C.O.N. – fait sourire. D’une certaine manière, il illustre bien la réalité du secteur.

Le C.S.N. refuse l’indemnisation du chômage partiel

En février 2009, lors d’une intervention télévisée, le président de la République avait annoncé qu’il allait proposer aux partenaires sociaux d’augmenter les indemnisations pour le chômage à temps partiel :

« Je vais proposer à toutes les organisations syndicales ou patronales de les recevoir le 18 février prochain et je souhaite qu’un des sujets qui soient mis sur la table soit celui-ci : comment on indemnise le chômage à temps partiel ? […] Je préfère que les gens soient en activité partielle, qu’ils conservent leur contrat de travail dans l’entreprise plutôt qu’on les mette dehors ».

Or, quelle a été au juste la portée du volontarisme présidentiel ? Négligeable. Et dans le notariat, elle a été nulle puisque le CSN a refusé, lors de la Commission mixte paritaire du 26 mars 2009, toute négociation sur le sujet avec les représentants syndicaux des C.O.N.

Pourtant, le notariat n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de secteur sans avenir.  En effet, les notaires de France reçoivent annuellement 20 millions de personnes, traitent 600 milliards d’euros de capitaux, établissent 4 millions d’actes authentiques et réalisent un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros.

Négocier un accord sur le chômage partiel eût été reconnaître que ces statistiques ne rendent pas exactement compte de la réalité du secteur. Un manque de goût en somme.

Or qu’on le veuille ou pas, la crise est bien là. Et elle n’épargne pas le notariat. De nombreuses Etudes de France connaissent depuis plusieurs mois d’importantes difficultés liées, entre autre, à la chute significative des transactions immobilières, au fait que les banques accordent moins facilement que par le passé des crédits aux particuliers.

Cette situation influe directement sur un très grand nombre d’Etudes, notamment dans les grandes agglomérations, qui ont privilégié les activités immobilières lucratives au détriment d’activités non moins rémunératrices mais plus traditionnelles et surtout plus étroitement liées au facteur humain (successions, partages, libéralités, liquidations de communauté, etc).

Vendre un bien immobilier prend généralement entre deux et quatre mois, sauf circonstances et difficultés particulières bien entendu.

En revanche, régler une succession prend au minimum six mois (du moins si l’on se réfère au seul délai fiscal de dépôt des déclarations de succession), voire des années en cas de mésententes entre les héritiers ou ayants-droit. Suivre juridiquement une opération de promotion immobilière ou constituer une société est en somme toujours plus intéressant que de liquider un divorce ou de procéder à un partage, lesquels dépendent très souvent du bon vouloir et de la coopération de toutes les parties à l’acte.

Licencier plus pour prélever plus

Cependant, les notaires sont loin d’être sur la paille. Même si le volume des gros dossiers baisse inévitablement du fait de la crise économique, les prélèvements que les notaires opèrent sur les bénéfices de leurs offices demeurent élevés. Et, en période de vaches maigres, de nombreux notaires n’hésitent pas à jouer cyniquement sur la variable d’ajustement de l’emploi afin de maintenir leur niveau de prélèvement (un notaire associé prélève en moyenne entre 15.000 € et 20.000 € par mois ; dans les très grosses Etudes, les prélèvements peuvent dépasser allègrement les 35.000 € à 40.000 € mensuels).

En clair : dans le notariat, on vire à tour de bras et, si possible, dans la discrétion. Fin décembre 2008, ce sont environ 1500 emplois qui ont disparu. En 2009, ce sont près de cinq mille employés qui ont été licenciés, selon les organisations syndicales. Et la tendance n’est pas prête de s’inverser.

Les clercs de notaire - Pierre Le Trividic - Ecole de Rouen - Aquarelle et gouache

Au lieu de proposer le recours au chômage partiel et de traduire ainsi dans les faits la volonté du Président de la République, le notariat préfère opter pour des modifications unilatérales et non négociées des contrats de travail. C’est ainsi que de plus en plus de salariés du notariat sont confrontés aux exigences de leurs employeurs de vouloir baisser le temps de travail et les salaires. Le chantage est toujours le même à peu de chose près : « C’est la crise. Soit vous acceptez la baisse de votre temps de travail et de votre salaire, soit c’est le licenciement pour raison économique. » Les C.O.N., terrorisés à l’idée de perdre leurs emplois, préfèrent évidemment serrer les dents et accepter des baisses de salaire plutôt que de se retrouver au chômage. Les C.O.N., qui ont la chance de conserver leurs postes, se retrouvent à gérer plus de dossiers avec moins de temps de travail et des salaires amputés. Le stress, déjà fort présent, augmente et la désillusion se généralise.

L’entourloupe mise en oeuvre depuis le début de la crise consiste donc à proposer la modification du contrat de travail avec baisse corrélative du salaire sur le fondement de l’article L 1222-6 du code du travail qui énonce que:

« Lorsque l’employeur envisage la modification d’un élément essentiel du contrat de travail pour l’un des motifs économiques énoncés à l’article L. 1233-3, il en fait la proposition au salarié par lettre recommandée avec avis de réception. »

Or, les motifs économiques justifiant une modification essentielle du contrat de travail doivent être en principe démontrés à l’employé par l’employeur. Mais rares sont les notaires qui se livrent à des explications circonstanciées.

Les syndicats ont donc demandé en vain au C.S.N. qu’un accord intervienne d’urgence sur le chômage partiel afin d’aligner ce secteur sur les accords interprofessionnels. Ce dernier, comme on l’a dit, a refusé toute négociation en la matière. De nombreux notaires ont même fait preuve d’une très grande rapidité pour licencier des salariés qui, pourtant, leur ont été précieux pendant les périodes fastes.

On est donc très loin des promesses du sarkozysme ambiant qui se gargarise de l’amélioration de l’indemnisation du chômage partiel : augmentation du montant de l’allocation à 60% du salaire brut contre 50% auparavant, et fixation d’un plancher d’indemnisation à 6,84 € par heure chômée.

Il va de soi que cette réalité là n’a pas été abordée aux Etats généraux du notariat pas plus que la sauvegarde du régime spécial de retraite des C.O.N. qui est menacé par un déficit important. Les notaires ont préservé l’essentiel, c’est-à-dire leur propre régime spécial de retraite.

L’occultation de la réalité économique et sociale du secteur

Non, plutôt que d’aborder ces aspects triviaux, les organisateurs des Etats généraux du notariat préfèrent afficher d’autres ambitions :

« En Chine, par exemple, le Conseil supérieur du notariat a tissé depuis de nombreuses années des liens forts avec les autorités qui ont conduit à des évolutions législatives et à la création de la fonction notariale. A l’initiative du Conseil supérieur du notariat, un centre de formation et d’échanges notariaux et juridiques a été ouvert dès 2001 à Shanghai, avec le soutien actif des ministères français des Affaires Etrangères et de la Justice, ainsi qu’avec celui de la Caisse des Dépôts et Consignations. Ainsi, au Vietnam et dans plusieurs pays africains, l’action du notariat français vise à assurer la délivrance de titres de propriété et à mettre en œuvre des procédures renforçant la sécurité foncière, la modernisation et le développement de l’activité agricole ».

Image d'une copie authentique d'un acte notarié

L’obsession du CSN est de convaincre les pouvoirs publics du rôle essentiel des notaires et du rayonnement international du système notarial français. Pourquoi ? Parce que les notaires, depuis des années, vivent dans la crainte de l’instauration de la profession unique qui consisterait à fusionner les notaires et les avocats. Ils craignent de subir le même sort que les avoués. Ils redoutent également la fin de leur monopole sur la publicité foncière. Cette « grande peur » est d’ailleurs souvent resservie aux C.O.N. pour leur faire avaler la pilule de leurs conditions de travail de plus en plus difficiles.

Or, toutes ces craintes sont largement infondées. Même si les avocats lorgnent sur le monopole dont jouissent les notaires sur la publicité foncière, ils ont perdu depuis longtemps la partie face aux officiers publics. On se bornera ici à rappeler quelques évidences.

  • Le monopole de la publicité foncière est relatif. Les notaires ne sont pas en effet les seuls officiers publics à pouvoir publier des actes au fichier immobilier des conservations des hypothèques. D’autres officiers publics peuvent le faire et ne s’en privent d’ailleurs pas. C’est le cas des maires qui ont de plus en plus recours aux actes administratifs. Les autres collectivités territoriales commencent également à s’y mettre, notamment lorsqu’il s’agit de régulariser l’emprise cadastrale de routes départementales suite à des élargissements par exemple. De même, on rappellera que rien n’empêche aux avocats de publier des jugements dans les conservations des hypothèques, ce qu’ils ne font quasiment jamais d’ailleurs. De même, les huissiers de justice font publier très régulièrement des inscriptions (commandements de saisie par exemple). L’authenticité de l’acte reçu pardevant notaire, c’est-à-dire sa date certaine et sa valeur probante, n’est nullement conditionnée par la publicité foncière qui, elle, ne vise que l’opposabilité de l’acte aux tiers. Or, les instances professionnelles du notariat se sont au contraire orientées, avec le concours de la direction générale des impôts, vers le développement d’une technologie coûteuse et inefficace dans le but de préserver le monopole de la publicité foncière. Cette technologie, connue sous le nom de Télé@ctes, consiste à dématérialiser des actes et à assurer leur publication électronique directement auprès des conservations des hypothèques compétentes (ce qui permet à l’Etat de réduire les effectifs dans la fonction publique, et notamment dans l’administration fiscale). C’est globalement un fiasco car il est évidemment illusoire de vouloir standardiser les actes notariés (chaque acte est en effet unique et répond à des problèmes juridiques spécifiques). Résultat ? Le nombre d’actes télé@ctés est en dessous des prévisions les plus pessimistes. De même, des millions d’euros ont été gaspillés en vain dans la création du logiciel Mnémosyne, qui était présenté, il y a peu de temps encore, comme le mieux adapté à la technologie télé@ctes. Celui-ci a été abandonné.
  • La profession unique, quoi qu’on en dise, n’est pas à l’ordre du jour. Elle est même un mythe. Chaque profession juridique a ses domaines d’intervention et il est illusoire de prétendre les fusionner, non pas qu’un avocat soit incapable de publier un acte de vente à la conservation des hypothèques ou un notaire de plaider devant un tribunal, mais parce que ces professions n’ont pas les mêmes modes de fonctionnement, la même déontologie, les mêmes autorités professionnelles de tutelle, etc. A supposer qu’une fusion soit possible, il n’est pas dit que les avocats admettent l’obligation de conseil absolue à laquelle les notaires sont actuellement soumis et que la Cour de cassation rappelle d’ailleurs dans une jurisprudence constante. Cette obligation leur est d’ailleurs étrangère. Et c’est normal. Les avocats n’ont pas d’obligation de résultat mais de moyen (l’issue d’un procès ne dépend pas d’eux ; la juridiction du fond est souveraine). En revanche, les notaires, qui n’interviennent pas directement dans les contentieux, sont responsables de la sécurité juridique et économique des actes qu’ils sont appelés à recevoir. Ce n’est pas du tout la même chose. De même, il n’est pas sûr non plus que les avocats acceptent de jouer les collecteurs d’impôts en lieu et place de l’Etat, rôle que les notaires assument depuis une vingtaine d’années maintenant. Or, si l’on veut instaurer une profession unique, ces aspects là devront être naturellement abordés. Quid alors de l’indépendance de l’avocat ? Le notaire, lui, n’a pas ces états d’âme dans la mesure où il est d’abord et avant tout un officier public.
  • On rappellera en outre que le fameux contreseing de l’avocat, qui sera désormais possible dans les actes, n’aura aucune force juridique particulière puisque le projet de loi, présenté par le Garde des Sceaux, va au contraire affirmer dans le Code civil l’authenticité attachée à l’acte notarié et renforcer encore sa primauté. L’avocat n’aura droit de surcroît à aucun émolument de participation pour tout acte qu’il aura contresigné. Si l’avocat souhaite une rémunération, il devra s’entendre directement avec le client qui aura exigé son contreseing.

On pourrait donner d’autres exemples qui montrent que les craintes des notaires au sujet de la profession unique sont donc très largement infondées. Mais on va s’arrêter là.

Et de souligner, une fois encore, que chaque profession juridique a son génie propre, son histoire, son organisation, ses méthodes de fonctionnement et poursuit des objectifs spécifiques dans un esprit de complémentarité avec les autres professions du droit.

C’est aussi simple que ça.

Une démonstration de force incongrue

Absence des représentants syndicaux des salariés, formation professionnelle des clercs en large partie sinistrée, absence d’accord sur le chômage partiel, manque de volonté pour sauver le régime spécial de retraite des C.O.N., subordination accrue du droit civil par rapport au droit fiscal, standardisation des actes à cause du tout informatique, voilà bien quelques points qui auraient pourtant mérité de figurer à l’ordre du jour du Zénith.

Il y a même, disons-le, quelque chose de profondément incongru dans ces Etats généraux du notariat qui ne sont rien d’autre qu’une démonstration de force des notaires à l’égard des pouvoirs publics.

En effet, cette démonstration de force (assurément coûteuse pour cette profession de service public à la fois exigeante et rigoureuse, hautement qualifiée et nécessaire) intervient au moment même où le secteur notarial traverse la plus grosse crise sociale et économique de sa longue histoire.

On aurait aimé moins de triomphalisme et davantage de retenue.

Ce faisant, la publicité escomptée autour de la manifestation n’aura vraisemblablement pas lieu. La relaxe de Dominique de Villepin et la polémique dérisoire sur les propos de Georges Frêche occupent suffisamment l’attention des médias.

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19 commentaires

  1. Didier dit :

    Un article fort interressant.
    Je suis moi-même conjoint d’un Notaire.
    Installée depuis 16 ans, je ne l’ai jamais vu prélever les sommes mirobolantes que vous indiquez.
    Pour info, à deux (je suis salarié) nous déclarons 70000€ par an, très loin de ce que vous indiquez. Et ne pensez pas que nous avons des avantages du genre véhicules de fonction ou autre.

    Vous pouvez critiquer l’attitude de notre profession. Une chose est sûre: si l’acte authentique disparait 75% des études de france déposerons le bilan avec les licenciements que cela ne manquera pas d’entrainer.

  2. Jean dit :

    Attn. Didier
    Il est possible que ton conjoint exerce dans une zône défavorisée et s’est tout à son honneur. Cependant, il apparait que les chiffres exprimés sont en adéquation avec la réalité. Aujourdhui, concernant la profession et l’état de l’économie, est-il normal qu’une personne
    embauchant une équipe de BAC+5 ou 6 monopolise des revenus alors que
    souvent le travail est effectué par des collaborateurs compétents qui s’imposent une veille juridique, laquelle n’est pas toujours prise en charge par l’employeur.
    Je suis moi même conjoint d’un Notaire salarié qui, contrairement à ces employeurs, s’investit afin de rester au fait mais qui ne trouve pas de charge.
    Notre société moderne et juste acceptera t’elle longtemps la survie de tels privilèges. J’attends une réponse argumentée Slts

  3. Poum-poum dit :

    Parce qu’il est besoin de la fin de l’acte authentique pour licencier ou avoir recours à un chômage partiel non indemnisé?

    Cela fait je-ne-sais-combien d’années que les notaires agitent la menace de la disparition de leur profession, c’était déjà le cas en 1981 avec l’arrivée de Mitterrand. Ce dernier s’est empressé de reconnaître sa fille par testament fait devant notaire. Aujourd’hui, on refait le coup avec un Sarkozy qui s’est empressé de divorcer devant notaire.

    L’annonce de la fin du monde est une chose bien pratique, la peur est un moteur efficace, surtout quand il s’agit de faire pression sur les salariés et leur faire accepter l’inacceptable.

    La profession est critiquable dans beaucoup de domaines et tout particulièrement dans l’attitude du CSN vis-à-vis des salariés du notariat. Aujourd’hui, c’est la crise, mais une autre crise attend celle du notariat. Elle n’a été que différée par les circonstances mais les départs à la retraite auront bien lieu et sans le régime de la CRPCEN, il n’y aura aucun avantage réel à travailler dans une étude.

    Et là, sans personnel formé, combien passera-t-on d’actes authentiques?

  4. Patricia dit :

    Salariée d’une étude d’Avoués, je souhaite bon courage à l’ensemble des Collaborateurs des offices notariales.

    Il va vous en falloir !

    Nous avons affaire à de véritables bulldozers

    En ce qui me concerne le pôle emploi, c’est pour trés bientôt.

    Et ce ne sont pas mes patrons qui m’y envoient.

    Je me permets, un petit conseil, soyez solidaires, et battez vous.

    Encore une fois BON COURAGE.

  5. Didier dit :

    Le problème du Notariat, c’est l’image calamiteuse qu’il traine!!!
    Et le peu de transparence des comptes dans les études n’aide pas à rendre cette image plus positive au sein même de celles-ci.
    Je persiste à dire que beaucoup d’études sont sur le fil du rasoir en ce moment, quoi qu’en pensent certains.

    Jean, il ne faut surtout pas généraliser le cas de quelques grosses études urbaines.
    Chez nous, les bac+5 refusent de venir travailler. Nous ne trouvons pas de colaborateur qualifié. Nous sommes obligés de former nous-même notre personnel.
    Et ne me dites pas que je suis en zone défavorisée: en france hormis Paris et Lyon(!) toute la province est défavorisée.

    Enfin, pour finir, je suis impliqué dans la profession depuis presque 20 ans, j’ai cotoyé beaucoup de monde (collaborateurs autant que notaires) et je ne nous reconnais pas du tout dans cet article.

    Patricia, je suis de tout coeur avec vous!

  6. Poum-poum dit :

    @Didier : vous ne trouvez pas de personnel qualifié? Rien que dans l’étude où je travaille, pourtant on ne peut plus rurale, des bac +5 et des bac+8, on en a.

    Vous voulez des bac +5, regardez tous les CV pour des stages qui s’accumulent dans les boites mails et vous en trouverez! Parole de 1er clerc qui s’est fait virer juste après son diplôme et malgré son bac +10.

    Il n’y a pas eu besoin de 20 ans pour connaître certaines réalités du notariat.

    @Patricia : la solidarité, la « grande famille », c’est bien gentil, le problème est que la victime sacrificielle est toujours la même.

  7. Luc dit :

    Bonjour à tous,
    Pour rebondir sur le message laissé par Didier, 70.000 EUR par an revient à quasiment 6.000 EUR par mois, ce qui, au vu de la conjoncture actuelle n’est pas négligeable (nous sommes en pleine crise!!)…
    D’autant plus que si votre épouse exerce en province il s’agit d’un salaire qui me semble correct, même s’il ne correspond pas aux 10 à 15.000 indiqués plus haut!! En période de crise tout le monde doit se serrer la ceinture…
    Vous indiquez ne pas bénéficier d’avantages tels voitures de fonction, etc … Pour avoir travaillé de nombreuses années dans des études familliales en province, je serai curieux de savoir à quel nom sont vos véhicules (celui de la société peut etre?…), de même que les heures des femmes de ménages personnelles qu’on impute en partie sur l’étude,et j’en passe… Il s’agit bien à mon sens de ce qu’on peut appeler des avantages….

    Pour information, je suis diplômé, j’ai quasiment 9 ans d’expérience, je suis donc habilité, et travaille en moyenne entre 10 et 12 heures par jours ; nous sommes dimanche, et je travaille sur un partage…
    Je gagne actuellement 2.200 eur net … Peut mieux faire non avec un Bac + 7 et 9 ans d’expérience??

    Bon courage à tous les clercs et employés de notaire,
    Il va en falloir!…

    Luc

    • Dominique dit :

      bravo,
      je suis moi même clerc dans une étude parisienne et suis tout à fait d’accord avec toi.
      Ce pauvre didier son épouse n’a pas de voiture de fonction, mais comme tu dis la seule qu’elle a est à ses employés !!! comme les restos aussi, c’est nous qui payons !!!! la profession devient moyenageuse !!!! ils ont trop peur de leur acquit ces pauvres Notaires !!! qui n’ont aucun respect pour leurs employés.
      Bon Courage à tous les employés de Notaire,
      Vous savez tous que les métiers de Clerc de Notaire, ou plutot depuis l’arrêt de 2006 on ne dit plus Clerc de Notaire, mais Collaborateur d’Office Notarial ont est donc bien des C.O.N.

  8. Gilles dit :

    Luc bienvenu au club ; je vois que je ne suis pas le seul à travailler un dimanche, et également sur un partage!
    Le souci dans le notariat est de voir qu’un notaire qui embauche des personnes qualifées entre Bac +5 et +7 monopolise des revenus aussi excessifs alors que le travail est effectivement effectué par des collaborateurs compétents qui s’imposent un sérieux travail de recherche afin de se tenir à jour de l’actualité juridique dans de nombreux domaines.
    Les notaires ne réalisent pas que s’il viennent à perdre leur monopole aucun de leur salarié ne les soutiendra!

  9. Jack dit :

    en 1980 après 3 année de notariat je bifurquais ailleurs, ne me reconnaissant pas dans les « exigences » de toute nature de cette profession, je rencontrais ensuite dans le cadre professionnel un « Principal Clerc » (qui avait de surcroit des responsabilités syndicales dans le notariat) lequel me déclara « vous avez quitté le Notariat, sachez que c’est la meilleure chose que vous avez faite pour votre avenir » , en lisant ce post complet et ses réponses d’intervenants, celà confirme bien la mentalité de cette profession et sa dégradation depuis plus de 25 ans. Je ne peux que vous souhaitez bon courrage surtout près avoir lu le commentaire de Luc…

  10. Céline dit :

    Bonsoir,
    Pour info je suis installée dans une ville de 60 000 habitants, je gagne effectivement environ 6000 euros par mois, je rembourse 3000 euros de prêt et je roule en micra. Eh bien vous savez quoi j’aime mon boulot même si j’y suis jusqu’à pas d’heure et si j’ai des des emmerdements comme tout chef d’entreprise.
    Bonne soirée à tous.

    « Ne te plains pas de l’obscurité. Deviens une petite lumière » Li Van Pho, (Philosophe Chinois du IIIème siècle)

    • Dominique dit :

      je vous plains, mais elle est bien aussi la Micra, moi je suis clerc dans une étude parisienne, j’ai 100 dossiers à traiter au plus vite avec le sourire pour 1800 euros par moi et j’ai une 106 !!!!

  11. Poum-poum dit :

    @ Céline, il est évident que tous les notaires, surtout quand ils viennent de s’installer, n’ont pas les mêmes niveaux de prélèvement que ceux indiqués dans cet article. Mais vous comprendrez également qu’il ne s’agit que moyennes. Cela ne remet en cause ni vos mérites, ni votre travail, mais rend compte d’un déséquilibre des choses qui est loin d’être anodin dans le secteur et participe un peu plus au malaise dans les relations sociales dans cette branche.
    J’ai même connu des notaires qui ne prélevaient pas pendant un temps car la situation économique de leur étude ne le permettait pas.

    Cependant, et je vous le souhaite, d’ici quelques années, vous serez libérée de votre prêt et vous aurez largement la possibilité d’investir dans autre chose qu’un micra.

  12. charles dit :

    Deux notaires qui crient « famine », qui licencient plusieurs « con », se partagent plus de 350000€, s’offre une porsche et s’en va au bout du monde, le notariat va très mal. chers « con » licenciés, à vos portefeuilles pour aider leur pauvre détresse.

  13. eleo dit :

    Bonjour
    J’ai moi même été notaire titulaire d’une petite étude notariale, oui il y a beaucoup de charges , oui il y a beaucoup de travail, et les revenus du notaire sont plus que décents malheureusement maintenant au lieu de participer au travail de l’étude les notaires se contentent de recevoir les clients de faire signer les actes sans avoir vraiment pris connaissance des dossiers tout repose sur les COM qui en général sont très qualifiés et compétents et travaillent plus que n’importe quel salarié
    Alors pourquoi crier misère dès qu’il y a une baisse, les notaires ont souvent des réserves alors qu’ils en remettent une partie dans le circuit et fasse du notariat du droit de la famille et pas n’importe quoi

  14. Tintin dit :

    Bonjour,
    Moi je suis une C.O.N. et je me retrouve et retrouve mes Associés dans tout se que vous avez écrit ci-dessus.
    Menace de temps partiel ou de chomage si on la ramène un peu trop… Surcroit de boulot suite à plusieurs licenciements l’année dernière et evidemment « comme ils disent » la crise n’est pas terminée, la 2nd vague arrive !!??!!
    Cependant, l’Audi A8 et les deux BMW (ils se sont passé le mot ? ) garées sur le parking depuis début janvier, après investigations, n’appartiennent pas aux C.O.N. de l’Etude !
    Courage à tous et merci.
    Se fut fort intérressant ! :-)

  15. sensea dit :

    Bonjour,
    Cet article et ces commentaires sont très intéressants et instructifs.

    Ils ne font que confirmer mon opinion de la profession. Diplômée notaire depuis 10 ans, j’ai travaillé à Paris et en province pendant 15 ans. Je viens de quitter la profession à la demande de mon employeur avec lequel nous avons conclu une rupture conventionnelle de contrat de travail. Il m’a expliqué qu’il ne pouvait plus me payer, mais qu’il ne pouvait pas non plus me licencier éco car il ne remplissait pas les critères… bref, j’ai été remplacé par deux stagiaires (dont un gratuit puisque l’un de mes anciens patrons est président de chambre cette année.)

    Après avoir subi le chômage partiel, le stress de toute cette période, les heures sup non rémunérées et tout ce que vous connaissez tous, tout ça pour deux mille euros par mois, j’ai vu dans cette rupture une opportunité de changer de domaine.

    Quand j’ai commencé dans le notariat je trouvais bizarre qu’il y ait aussi peu de clercs ou de C.O.N. agés de 40 ans et plus dans les études. Et bien maintenant j’ai compris pourquoi!

    Si la profession finit pas sauter ils l’auront bien mérités.

    Bon courage à tous les C.O.N.

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