Montebourg, foutriquet de la politique politicienne

Gabale décembre 21, 2009 Politeia
closeCe billet a été publié il y a 8 mois 18 jours. Il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être obsolètes ou, à tout le moins, elles doivent être replacées dans le contexte où ce billet a été écrit.

«Georges Frêche est-il soluble dans la rénovation ?» Ce n’est ni la question d’un devoir de philosophie, ni celle d’un devoir de chimie. C’est juste l’interrogation que pose aux militants Arnaud Montebourg, dans sa Lettre de la rénovation pour tenter d’exister politiquement et prendre laborieusement la pose devant les caméras de télévision.

Cette question fait suite à la décision du bureau national du PS de laisser repartir, comme tête de liste, le président de la région Languedoc-Roussillon, pourtant exclu en 2007, alors qu’il a été relaxé par la Cour d’appel de Montpellier le 13 septembre 2007 et que la Cour de cassation a rejeté, le 31 mars de cette année, le pourvoi qui avait été introduit contre cet arrêt.

Montebourg y rappelle que les «dérapages [de Georges Frêche] sont à eux seuls un problème posé à quiconque espère rénover ce parti» et pointant «son hostilité radicale et son mépris affiché pour un parti qu’il n’imagine pas se rénover un jour», il en conclut que «Georges Frêche et son système ne sont décidément pas solubles dans la rénovation. Il est de la responsabilité du parti d’offrir, avec les autres forces de gauche, une vraie alternative.»

Samedi dernier, sur le plateau de l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché » (France2), Montebourg s’est même vautré dans l’abject en faisant référence aux attendus de la Cour d’appel de Montpellier, de manière parfaitement partielle, donc malhonnête, en dehors de tout contexte factuel et juridique : « Voyez Monsieur Frêche, il a été relaxé par le tribunal. Néanmoins moi je considère (sic) que les attendus de son jugement qui n’est malheureusement pas le dernier (sic) euh sont assez euh redoutables puisqu’on fait allusion dans les reproches qui lui sont faits à l’usage d’expressions qui appartiennent je cite les attendus de la Cour d’appel de Montpellier à la doctrine raciale nazie. Donc il y a un tout petit problème quand même. »

Passons sur le fait que Nono Montebourg accorde la primauté à ses considérations personnelles sur le raisonnement de la Cour. C’est  tout simplement le signe d’un formidable égocentrisme teinté de mégalomanie, travers que beaucoup d’hommes politiques ont en partage. Et concentrons-nous plutôt sur ce que les juges ont dit :

La Cour dit que les expressions font songer aux doctrines raciales nazies et que prises, en tant que telles, elle peuvent être considérées évidemment comme outrageantes. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille les considérer comme l’expression d’un point de vue défendant ou faisant l’apologie desdites doctrines, sinon Georges Frêche eût été évidemment condamné. Ou alors, il faudrait en déduire que la relaxe, dont le président du Conseil régional a bénéficié, signifierait que les juges ont  implicitement des accointances avec le national socialisme, ce que Montebourg, soit dit en passant, se garde bien d’insinuer. Or, la Cour prend soin de longuement détailler les faits et le contexte particulier dans lequel les propos incriminés (mais nullement sanctionnés pénalement) ont été tenus, sans pour autant ménager le président de la région Languedoc-Roussillon.

S’il est juridiquement fondé de les considérer comme des injures au sens du Code pénal, dans la mesure où il est impossible d’en prouver la vérité ou la fausseté, elle en a rejeté en revanche toute intention discriminatoire.

La Cour relève en effet que la réaction de Georges Frêche ne relève pas de l’article 33 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881 relatif à la liberté de la presse qui énonce :  « Sera punie de six mois d’emprisonnement et de 22 500 euros d’amende l’injure commise [non précédée de provocations] envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »

En d’autres termes, non seulement la Cour d’appel a pris acte du fait que le législateur n’a jamais eu l’intention d’étendre la loi sur la liberté de la presse à la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français raptriés, mais elle a aussi refusé de dire pour droit que les propos poursuivis  visaient la communauté harkie dans son ensemble,  en se référant pour cela au contexte factuel de l’affaire.

Pour le dire plus simplement encore, la Cour a considéré qu’il s’agissait d’une altercation entre individus, c’est-à-dire entre le président du Conseil régional et des provocateurs, issus de la communauté harkie, venus troubler un moment de recueillement (commémoration de l’assassinat de Jacques Roseau, président du Recours, avec l’inauguration d’une stèle en sa mémoire, au Mas Devon à Montpellier).

Il n’y a donc pas eu de volonté de dénigrer la communauté harkie dans son ensemble, laquelle a versé son sang pour la défense  et l’honneur de la Patrie. Il n’y a donc eu aucun propos généralisateur destiné à jeter l’opprobre sur un groupe d’individus en raison de son origine ethnique.

On est donc loin, très loin même, des assertions mensongères du « sous-chefaillon » à la rénovation du Parti socialiste. Et on est encore plus loin des assertions du traitre Eric Besson qui s’évertue aujourd’hui à profiter du cas Frêche pour se donner bonne conscience alors qu’il est en charge d’un débat puant les relents vichystes et qu’il expulse manu militari des individus sans défense vers un pays en guerre.

Et au sujet de l’enfumage journalistique des rédactions parisiennes, on se contentera de renvoyer au rappel que Monsieur Alain Rollat, journaliste et ancien administrateur de la société des rédacteurs du quotidien Le Monde, a fait ici même sur ce blog (commentaire 306).

Mais après cette longue digression juridique, au demeurant essentielle, revenons encore un instant à Montebourg.

Malgré des qualités indéniables (cf. la bataille parlementaire qu’il engagea avec d’autres contre les paradis fiscaux), Montebourg  s’égare aujourd’hui en voulant jouer les chevaliers blancs dans une affaire qu’il fait mine de comprendre, juste dans le but de se mettre en scène.

Son visage apparaît ici au grand jour : c’est celui d’un sophiste rompu à un art de penser purement verbal, un dilettante des petites phrases qui réduit la politique à un simple concours d’éloquence, et une girouette qui passe le plus clair de son temps à se répandre dans les médias en des propos aussi assassins que mensongers. En somme : un petit foutriquet de la politique politicienne que Ségolène Royal a eu raison de rappeler sévèrement à l’ordre lors de la campagne présidentielle.

Quand on songe que Martine Aubry a confié la rénovation du PS à ce zigoto, c’est dire à quel point le premier secrétaire du PS nourrit de grandes espérances dans ce dossier.

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7 commentaires

  1. Yves Epain dit :

    Vous pouvez soutenir Georges Frêche en rejoignant les groupes Facebook suivants :

    http://www.facebook.com/group.php?gid=296563550401&ref=mf#/group.php?gid=52458264152&ref=mf

    http://www.facebook.com/group.php?gid=296563550401&ref=mf

    Eh oui, pourquoi pas Facebook et Twitter ? Nos amis iraniens qui luttent pour établir la démocratie dans leur pays s’en servent, pourquoi pas nous ?

  2. antennerelais dit :

    « Foutriquet » cela me semble sévère (« idiot utile » c’était déjà très déplacé pour Peillon). Les prochains ce sera qui ? Ségolène « commère du village » ? Oh pardon j’oubliais, cette personne est figure sacrée ici.

    J’en profite pour signaler une importante enquête en cours, visant à déterminer l’origine de certains propos tenus par Carla Bruni sur TF1, il y a une semaine, et attribués par elle à Proust :

    « A la recherche de la citation de Proust de Carla Bruni »
    http://antennerelais.canalblog.com/archives/2009/12/20/16216166.html

  3. Gabale dit :

    Le terme de « Foutriquet » va à Montebourg comme un gant et s’inscrit dans la démonstration que j’ai faite dans ce billet. Elle est même gentille au regard de ses mensonges.

    Quant à Peillon, « idiot utile » est une expression empruntée, voir ici –>http://fr.wikipedia.org/wiki/Idiot_utile Cette expression est même faiblarde au regard des insultes qu’il a proférées contre Royal. Mais elle décrit parfaitement, je trouve, Vincent Peillon.

    Et comme je suis gentil, j’accepte même le lien que tu fais vers ton blog dans tes commentaires.

  4. Rodolphe dit :

    Le foutriquet reste malgré tout un drôle de tordu puis qu’abandonnant le NPS il a pris rapidement la tête de RM pour le lâcher sans concertaiton avec les militants et rejoindre vite Ségolène en apportant dans la dot (à quel titre?) ses militants éberlués.
    La scission grave dans RM a fait dériver une partie vers la gauche stalinienne et cela a été un manque certain pour la présidentielle…sans compter une campagne très dure « anti Ségo »
    Depuis, môssieu s’est permis de reprendre le site national de RM pour continuer sa campagne de rénovation-auto-promotion.
    A quel titre et de quel droit???
    Arnaud et Vincent??? même combat!
    La nausée pour moi!
    Amitiés et Fraternité attristés à tous du fond du cœur!

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