Royal – MoDem : une proposition d’alliance hypocritement critiquée

Gabale décembre 7, 2009 Politeia
closeCe billet a été publié il y a 9 mois 2 jours. Il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être obsolètes ou, à tout le moins, elles doivent être replacées dans le contexte où ce billet a été écrit.

Alors que le MoDem tenait son congrès dans le Pas-de-Calais, Ségolène Royal a proposé aux centristes cinq places éligibles sur sa liste de premier tour en Poitou Charentes pour les prochaines élections régionales.

Sans surprise, la proposition  a été fermement refusée par François Bayrou dont le leadership sur la formation centriste apparaît de plus en plus critiqué (notamment par Corinne Lepage, vice-président du MoDem).

Ségolène Royal s’est dite déçue et s’en est remise au MoDem de sa région. Elle a déclaré sur les ondes de France Info :

« François Bayrou doit laisser [aux candidats régionaux du MoDem] la possibilité de décider. Je leur ai proposé de constituer un groupe autonome à l’assemblée régionale, ça me paraît tout à fait normal« 

Il n’en fallait pas davantage pour que les médias ironisent sur la prétendue irruption de Ségolène Royal dans le Congrès du MoDem, n’hésitant pas, pour mieux dénigrer sa proposition, à faire des comparaisons incongrues avec sa venue justifiée à Dijon, le 14 novembre dernier, au colloque de son courant « L’Espoir à gauche ».

Or, non seulement la proposition de Royal est logique et de bon sens, comme nous allons le montrer, mais elle permet, une fois encore, de mettre en évidence la formidable hypocrisie des critiques formulées par l’appareil du Parti socialiste.

Une proposition d’alliance logique et de bon sens

La proposition d’alliance faite au MoDem par Royal est logique et de bon sens. Avant d’être l’expression d’un positionnement national, elle résulte avant tout d’un examen lucide de la donne politique régionale à laquelle la tête de liste socialiste est confrontée.

C’est donc la manifestation d’un pragmatisme politique que la presse nationale se garde bien d’analyser avec le sérieux qu’il conviendrait.

On doit en effet rappeler que le PCF a fait le choix de constituer en Poitou Charentes une liste autonome avec le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, au risque de livrer cette région socialiste à l’UMP, dont le chef de file n’est autre que le sous-ministre Dominique Bussereau.

Galvanisés par leur excellent score aux Européennes, les écologistes ont eux aussi décidés de tenter leur chance en solo, sans toutefois mesurer qu’un scrutin n’est pas l’autre.

Le PS national, paraît-il si attaché à l’ancrage à gauche, a-t-il fait vraiment tout ce qui était en son pouvoir pour convaincre le PC, le PG  et les Ecologistes de rejoindre la liste socialiste et d’éviter ainsi la dispersion au premier tour ?

Lâchée par Europe Ecologie et par la soi-disant gauche pure et authentique, il est donc normal et naturel que Ségolène Royal ait souhaité un élargissement de sa liste au MoDem.

La politique n’est pas faite que de purisme idéologique et d’intransigeance doctrinale, dont on sait qu’ils ne mènent à rien, si ce n’est au clubisme ou à l’éparpillement en diverses chapelles qui s’excommunient les unes les autres. En d’autres termes, pour remporter un scrutin, il faut s’en donner concrètement les moyens et s’en référer à la situation politique telle qu’elle est et non pas telle qu’on voudrait qu’elle soit.

Mais une défaite de Royal aux régionales chagrinerait-elle les bureaucrates de la rue de Solferino ? Le fonctionnalisme du pire, qui est la véritable ligne politique de la direction actuelle du PS, incite tout naturellement à se poser la question.

Une proposition d’alliance  hypocritement critiquée par le PS

Lorsqu’il n’est pas sur Twitter pour y écrire des conneries, le porte-parole du PS, l’inénarrable Benoît Hamon, a coutume de se précipiter devant les caméras pour y faire étalage de son incommensurable malhonnêteté intellectuelle. Sans tenir compte de la situation locale et des rapports de force politiques, l’apparatchik a ainsi rejeté dimanche l’offre d’alliance faite par Ségolène Royal au MoDem, estimant que cette initiative risquait de nuire à un rassemblement de la gauche.

Et de déclarer sur Canal +,

« Le risque est grand qu’on compromette les conditions du rassemblement de la gauche si on fait le choix, notamment dès le premier tour, de s’associer à une formation issue de la droite [...] la ligne du Parti socialiste, c’est le rassemblement de la gauche au premier tour [et] proposer un bouclier social aux politiques mises en oeuvre par Nicolas Sarkozy ».

Et de poursuivre non moins sentencieusement :

« Il y a [chez Ségolène Royal] une continuité d’une conviction, d’une intuition qui, en termes d’alliance, dans le reste de l’Europe, n’a jamais fonctionné, en tout cas n’a jamais fonctionné au bénéfice de la gauche »

On se contentera de faire observer trois choses au porte parole du PS, si tant est qu’il ait les capacités de les comprendre :

1) En mars 2008, Martine Aubry a fait une alliance avec le MoDem lors des municipales à Lille comme ce fut le cas, avec des fortunes diverses, à Marseille, Chartres, Asnières, Melun, Poissy ou Mende, pour ne se borner qu’à ces quelques exemples. A l’époque, celle qui n’était pas encore Premier secrétaire du PS avait même justifié cette alliance inattendue… Ce choix n’avait pas dérangé outre mesure le purisme idéologique et politique du petit apparatchik de la rue de Solferino.

2) Hamon est particulièrement mal placé de parler de « l’intuition » de Ségolène Royal en faisant référence pour cela aux alliances dans le reste de l’Europe, comme si cela pouvait avoir un rapport avec le scrutin des régionales, alors qu’il n’a même pas été capable de se faire réélire au parlement européen en juin dernier. Question intuition, le porte parole du PS repassera.

3) La stratégie du rassemblement de la gauche prônée par Benoît Hamon et la direction du PS est un échec. Le PS s’est en effet avéré incapable de fédérer le Parti communiste , le Parti de Gauche et Europe Ecologie dans des listes communes. La situation politique actuelle n’est donc pas comparable à celle des années 70 et 90. Nous ne sommes plus au temps de l’union de la gauche ou de la gauche plurielle. Il convient alors de s’adapter à la donne politique nouvelle, que l’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore. Il faut rappeler à ce titre que même si les partis de gauche acceptaient de travailler un jour main dans la main, cela serait encore insuffisant pour espérer franchir la barrière des 50% aux prochaines présidentielles. Il faut donc nécessairement élargir au centre.

Une proposition d’alliance ni incongrue ni illégitime

Les déclarations de Benoît Hamon faites au nom et pour le compte du PS, ne sont donc que de la posture. Elles traduisent un manque flagrant de sens politique. Rien de plus.

C’est d’ailleurs sur cette posture mensongère que s’est construite l’opposition de circonstance à Royal lors du Congrès de Reims.

Cette posture ne répond évidemment pas aux objectifs des prochaines régionales, à savoir conserver le plus grand nombre de régions, et si possible, remporter celles détenues par la droite afin d’organiser un contrepoids politique au désengagement croissant de l’Etat et à la politique de Nicolas Sarkozy.

A ce sujet, il est savoureux de constater qu’un blogueur qui n’avait pas, hier encore, de mots assez durs pour fustiger le prétendu centrisme de la Dame du Poitou, préconise aujourd’hui une coalition arc-en-ciel (Front de Gauche, Europe Ecologie, PS et MoDem), tout en réussissant l’extraordinaire tour de force de condamner l’initiative de Ségolène Royal en Poitou Charentes.

Quelle est donc la cohérence de ce raisonnement incohérent ? Ne cherchons pas très loin car il s’agit d’une simple aversion pathologique pour Ségolène Royal qui autorise ainsi toutes les contradictions, même les plus grotesques.

Mais revenons donc à des choses plus sérieuses pour souligner que le refus de François Bayrou n’est pas plus grave que ne l’est celui des autres leaders non socialistes. La fiabilité du MoDem n’est pas davantage sujette à caution que celle des formations politiques à la gauche du PS.

En ce sens, la proposition de Royal n’est ni incongrue ni illégitime.

Car, de manière plus fondamentale, il faut souligner que le refus de François Bayrou (motivé, on le sait, par la préparation de 2012 et par sa faiblesse même au sein du MoDem) est en définitive moins un revers pour Ségolène Royal, qu’un revers pour le PS.

Au lieu de s’exprimer avec condescendance sur l’offre d’alliance de Royal au MoDem, Benoît Hamon ferait donc mieux de s’interroger sur la baisse générale d’attractivité du PS qui est un signe évident de son affaiblissement et de son étiolement idéologiques. On a pu ainsi le mesurer aux dernières élections européennes où le PS s’est distingué par un résultat calamiteux.

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14 commentaires

  1. superpado dit :

    Pour moi c’est parfait, je t’ai donc invité sur mon blog médiapart
    http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-marie-padovani/071209/le-blog-de-gabale-mon-invite-du-soir

  2. G. dit :

    Merci Superpado. :-)

    Bien à toi.

  3. Nicolas dit :

    La partie de ce billet qui me concerne est n’importe quoi. Je n’ai jamais préconisé une coalition « arc en ciel » : j’ai juste dit que la posture du Front de Gauche visant à refuser les contacts avec le Modem était complètement crétine. J’ai dit qu’un accord de second tour ne doit pas être refusé s’il est nécessaire, ce qui nécessite, a priori, d’avoir du respect pour les militants Modem.

    Ségolène Royal, par contre, en ouvrant la liste au premier tour, a fait tourner le dos au PS par rapport à ses alliés naturels. C’est dramatique.

  4. David78 dit :

    Juste quelques commentaires.

    « Le PS national, paraît-il si attaché à l’ancrage à gauche, a-t-il fait vraiment tout ce qui était en son pouvoir pour convaincre le PC, le PG et les Ecologistes de rejoindre la liste socialiste et d’éviter ainsi la dispersion au premier tour ? » « Le PS s’est en effet avéré incapable de fédérer le Parti communiste , le Parti de Gauche et Europe Ecologie dans des listes communes. »

    Le PCF fait quand même liste commune avec le PS dans 5 régions… la question serait de savoir pourquoi Ségolène Royal n’y réussit pas en Poitou-Charentes mieux que d’autres, avec son indépendance clairement affichée envers la rue Solférino et les méthodes de gestion qui lui sont propres.

    « En mars 2008, Martine Aubry a fait une alliance avec le MoDem lors des municipales à Lille »

    Je veux bien admettre que Martine Aubry gère sa ville en bonne intelligence avec les élus Modem, mais il faudra m’expliquer en quoi elle aurait conclu une alliance avec eux.

    46% des voix exprimés au premier tour sans tenir compte des autres listes MoDem, Verts, centre et extrême gauche, lui garantissait déjà une majorité avec le simple report des écologistes au second tour…

    http://elections.lefigaro.fr/resultats/elections-municipales-2008/2eme-tour/nord/59800/lille/

    « Hamon est particulièrement mal placé de parler de « l’intuition » de Ségolène Royal en faisant référence pour cela aux alliances dans le reste de l’Europe »

    En quoi cela change-t-il quelque chose au fait que ce type d’alliance ne fonctionne pas en Europe ?

    « Il convient alors de s’adapter à la donne politique nouvelle, que l’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore. Il faut rappeler à ce titre que même si les partis de gauche acceptaient de travailler un jour main dans la main, cela serait encore insuffisant pour espérer franchir la barrière des 50% aux prochaines présidentielles. Il faut donc nécessairement élargir au centre. »

    Dois-je comprendre qu’il faut changer ses convictions en fonction des sondages pour les prochaines présidentielles, quitte à adopter la vision économique européenne libérale prônée par le MoDem, entre autres, jusqu’à cette dernière crise, plutôt que les défendre ?

    « C’est d’ailleurs sur cette posture mensongère que s’est construite l’opposition de circonstance à Royal lors du Congrès de Reims. »

    Il me semblait qu’au Congrès de Reims toutes les motions défendaient d’abord un rassemblement de la gauche, suivi d’une ouverture vers le MoDem au soir du premier tour des présidentielles… ce qui consistait à favoriser une ligne politique plus « ancrée à gauche ».

    Qui a réellement changé de stratégie ? Et cela sans consulter les militants picto-charentais qui venaient tout juste de voter pour des listes 100% socialistes ?

    On peut toujours espérer qu’il sera possible de poser une critique constructive des uns et des autres… en discutant du fond.

    La seule chose qui légitime aujourd’hui l’ouverture vers le MoDem est la volonté de garantir coûte que coûte l’obtention de la prime majoritaire à la liste arrivée en tête au premier tour, pour avoir d’emblée plus de poids au sein des conseils régionaux.

    Ce n’est pas une stratégie qui vise à rassembler, c’est une stratégie qui vise essentiellement à asseoir le poids des présidents sortants, avec un Parti Socialiste qui faiblit… les électeurs et les élus des autres partis ne sont pas dupes.

  5. antennerelais dit :

    Pendant ce temps Peillon traçait les contours d’un « discours de la méthode » pour 2012 :
    http://antennerelais.canalblog.com/archives/2009/12/07/16070139.html

  6. Alain dit :

    Antennerelais, par pitié ne devenez pas l’asse42 de Peillon !

  7. Alain dit :

    Nicolas, si je peux me permettre en fait de n’importe quoi, Gabale n’a pas tort : pourquoi tirer à vue sur Royal quand finalement elle propose au vue de sa situation particulière la transparence intelligente ? En gros elle a un bon rapport de force et elle préfère jouer la carte Modem au premier tour peut être précisemment pour faciliter les accords de second tour qui ne manqueront pas de devoir se faire avec les EE crétins ou le front de gauche. Elle n’a jamais (contrairement à d’autre) refuser l’ouverture à gauche, elle a toujours dialogué avec les alter par exemple. Je crois même que certains élus ont fait dissidence pour rejoindre sa liste plutôt que de suivre la logique « tuons sego, solferinon s’en lave les mains » de leurs appareils.

    Au moins elle n’aura pas au second tour à plaire aux uns en faisant semblant de trahir les autres et vice versa.
    Bref elle prend ses électeurs pour des adultes.

    Par ailleurs je note que comme d’habitude tout le monde lui tombe dessus comme si à elle seule elle était capable de renverser l’empire américain. Qu’Hamon ou Bartelone n’ait rien d’autre à dire que de frapper sur l’un des meilleurs bilan régionaux du PS, me parait autrement plus significatif et autrement plus inquiétant que la proposition de Royal.

    Par ailleurs que personne n’analyse se qui se passe dans les autres régions (Nord, IDF ou Languedoc Roussillon avec Frèche, Dray etc.) montre bien que les blogueurs comme les journalistes sont aveuglés par les belles lumières de l’actualité plus que par la réalité du fond et des choses.

    Encore une fois je me demande comment il se fait que Lang soit toujours au PS quand Bartelone (n’aurait il pas du en être radié lui même suite à la position du Fabius sur l’Europe ?) se pose la question pour ROyal (50 % des militants, faut il le rappeler) ??

    Bref lachez lui la grappe.

    ROyal n’est pas parfaite mais elle n’est pas le diable.

    Quand je vois que ce pauvre Peillon qui est déjà retombé dans l’oubli est obligé de taper encore un peu sur Royal pour exister médiatiquement quand elle est déjà passé à autre chose, ou que Hamon idem ou les autres … je suis vraiment consterné par ce parti.

    Et ce qui me surprend c’est que ça, ça ne surprend plus personne. L’un des membres les plus éminent (factuellement, objectivement) d’un parti qui se fait canarder sans cesse, à quelques mois d’échéances importantes, par ses camarades pour des broutilles et tout le monde trouve ça normal. Pourtant elle n’a pas trahit la position officielle du parti, elle n’a pas cracher sur d’autres membres de ce parti, elle n’a pas insulté qui que ce soit, elle n’a pas vendu ses services à Sarkozy, elle ne lui a pas demandé de l’appuyer pour tel ou tel poste… non, rien… mais il est autorisé de frapper.

    étonnant que ça n’étonne pas.

  8. G. dit :

    Une fois de plus, Alain, vous visez juste. Je n’ai rien à ajouter ou à retrancher à ce que vous avez écrit.

  9. germain dit :

    mr hamon et le ps VOUS DITES QUOI EN MARS 2008 VOUS AVEZ FAIT ALLIANCE ……..AVEC LE MODEM?????POURQUOI SEGOLENE ROYAL NE LE FERAIT PAS?????VOUS ETES DE MAUVAISE FOI,votre TSSR ON NE SUPPORTE PLUS!!!!!!!!!!VOUS VOULEZ QUE LE POITOU CHARENTE PASSE A DROITE???? NOUS AVONS UN DOUTE SUR VOUS!!!!!!!!!ATTENTION NOUS VOTERONS EN 2012!

  10. payet dit :

    @Alain

    chapeau pour votre billet que j’aurai aimé écrire. Comme vous, j’ai du mal à comprendre le traitement injuste fait à Ségolène Royal par les membres de son parti.
    Elle n’insulte personne alors que tout le monde l’insulte. Elle n’a jamais trahi personne quand beaucoup au PS se livrent à cet exercice . Ses idées combattues avec tant de violence sont reprises par ceux là même qui les ont combattues(Sarkozy aussi s’y met).
    Ils ont TOUT fait pour contrarier son parcours, tant aux présidentielles qu’au congrés de Reims, et ils continuent encore leur sinistre entreprise de démolition. Cette démarche n’est pas du tout ascentionnelle, bien au contraire. Elle entraîne le parti sur une pente descendante jusqu’à sa disparition finale. Je ne vois pas comment on pourrait rassembler les siens ainsi que toute la gauche avec un credo politique consistant à tuer l’un des siens au lieu de chercher à affaiblir le leader du camp d’en face.

  11. antennerelais dit :

    @ G.
    « une simple aversion pathologique pour Ségolène Royal qui autorise ainsi toutes les contradictions, même les plus grotesques »

    Il faudra bien que les « aversion pathologique », « segobashing bête » (Asse42) et autres « misogynie rampante » (je sais plus qui), derniers recours pour soutenir un peu plus longtemps une chère illusion, laissent un jour la place à l’acceptation de cette évidence :

    « Ségolène Royal, dont les chances d’élection à la présidence de la République sont pourtant désormais équivalentes à celles de la collision, dans les 100 prochaines années, d’une météorite géante avec la Terre »
    http://antennerelais.canalblog.com/archives/2009/12/13/16128916.html

  12. antennerelais dit :

    @ Alain
    « ce pauvre Peillon qui est déjà retombé dans l’oubli est obligé de taper encore un peu sur Royal pour exister médiatiquement »

    Cette phrase est un parfait exemple, sinon de mauvaise foi, en tous cas d’un refus de regarder la réalité en face (aboutissant à la plus grossière distorsion de la réalité).

    La vérité est que Peillon, dimanche dernier au « Grand Jury » RTL-LCI, a consciencieusement évité, durant 55 mn, de s’exprimer sur le sujet Royal (alors que la journaliste Alba Ventura a tout fait pour lui extorquer quelques mots).

    Mais effectivement, cela n’a pas empêché 2 ou 3 torchons, reprenant une dépêche Reuters, de titrer « Vincent Peillon déplore la méthode de SR sur le MoDem » (ceci sur la foi de quelques mots généralistes de Peillon sur la « méthode » pour 2012 : or il avait soigneusement évité de parler de Royal).

    Pour retrouver cet important « discours de la méthode » de Peillon (occulté il y a une semaine par la bisbille Royal-Bayrou), enfin mis en ligne en vidéo (depuis hier), c’est là :
    http://antennerelais.canalblog.com/archives/2009/12/07/16070139.html

  13. Gabale dit :

    @antennerelais qui écrit notamment :
    « Ségolène Royal, dont les chances d’élection à la présidence de la République sont pourtant désormais équivalentes à celles de la collision, dans les 100 prochaines années, d’une météorite géante avec la Terre »

    —————————

    C’est joliment écrit mais ça ne démontre évidemment rien. Royal n’a pas moins de chances que d’autres et elle a par rapport à d’autres la légitimité et le poids politiques de sa candidature en 2007.

    Comme le rappelait Robert Navarro, 1er fédéral de l’Hérault, en 2008 : « Croyez-vous que l’on se poserait la question de qui doit être le prochain candidat du PS à la présidentielle, si c’était Fabius ou DSK qui avait récolté 47% des suffrages ? » Evidemment non.

    Royal imprime donc le tempo.

  14. antennerelais dit :

    @ Gabale
    « « Croyez-vous que l’on se poserait la question de qui doit être le prochain candidat du PS à la présidentielle, si c’était Fabius ou DSK qui avait récolté 47% des suffrages ? » Evidemment non. »

    ——————– (pas mal le coup de la ligne)

    Mais que veut dire cette phrase ?
    Que dans le cas de Fabius ou DSK candidats en 2007, ce seraient naturellement les mieux à même de représenter le PS cinq ans + tard, parce ce sont des hommes, ou parce que leur « compétence » ne fait pas question ?
    Cette phrase est tordue (de plus l’eau a coulé sous les ponts depuis 2008).

    La question qui se pose actuellement est : Royal vainqueur à la primaire 2011 (encore que certains plaident pour une primaire début 2012, « à l’américaine »), grâce à ce qui lui reste de soutiens à l’intérieur du PS (tandis que la vraie dynamique qui l’a portée en 2006-07 s’est en grande partie évaporée), ne serait-ce pas rater l’occasion de se débarrasser de Sarkozy, tandis que quelqu’un d’autre (DSK) se profile comme étant susceptible de le faire ?

    Note que en 2005-06, DSK était déjà perçu (c’était « dans l’air ») comme le meilleur candidat face à Sarkozy. Puis le « phénomène Royal » s’est mis en route et a tout balayé (l »hypothèse – tu as du en entendre parler – comme quoi la candidature Royal aurait été artificiellement « poussée » via presse et sondages, me semble intéressante ; n’a pas forcément grand fondement ; il s’est passé quelque chose de réel en 2006-07 – d’ailleurs son score à la primaire de 2006 était sans appel. Il faudrait faire une étude historique là-dessus, avec tous les documents en main).

    Bref ce sont les militants PS qui trancheront à la primaire. Mais si Royal est désignée une fois de plus, c’est un désastre annoncé, c’est absolument certain. Elle fédère trop d’animosité contre elle maintenant (pas besoin de lire les résultats de certains sondages douteux dans leur principe, pour s’en rendre compte).

    Mais bon si elle veut y retourner il est normal qu’elle ait quand même des soutiens, y compris sur le net (en particulier sur le net on pourrait dire – en termes de « rapport de forces »), même si cela ne concerne finalement qu’une poignée d’individus, actifs et bien organisés.

    Reste que la bonne méthode devrait être de s’asseoir, de discuter, de travailler, de définir un programme (y compris avec des alliés potentiels), puis ensuite, forts de ce travail, de voir qui émerge naturellement pour 2012. Tu remarqueras que c’est précisément la démarche de Peillon. Tandis que Royal c’est, et sans cesse davantage : moi d’abord (ceci sans jamais venir s’impliquer dans les réunions de travail). Cela ne peut plus marcher comme ça, cela devient insupportable (je comprends de mieux en mieux la colère de Peillon à Dijon).

    Il faudrait recauser de ça après les régionales, quand Ségolène se sera faite réélire à la tête de sa région.

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